Depuis dimanche dernier et encore plus dans les messes de semaine, nous lisons des extraits de ces derniers chapitres de l’Evangile selon St Jean, avant le récit de la Passion. Chapitres 14-15-16-17 qui sont comme un testament spirituel que le Christ laisse à ses disciples. Ce n’est plus l’heure des paraboles, des discours aux foules, encore moins des miracles, c’est l’heure d’un enseignement intime, destiné à consolider la foi des apôtres, un foi qui resplendira au jour de la Pentecôte.
C’est peut être ce qu’annonce le Christ : en ce jour-là. Jour de la pleine connaissance, jour de la Révélation de qui est le Christ en vérité, jour de dévoilement de son identité, de sa filiation divine, de son inhabitation en nous.
Souvenez-vous : c’était le matin du jour de Pâques. Avec Pierre et Jean, nous sommes courus au tombeau vide à l’annonce de Marie Madeleine. Et l’évangéliste prend la peine de préciser qu’à l’entrée dans le tombeau, Jean a vu et il a cru. Et pourtant, il n’y avait que peu de choses à voir, pas plus que si vous allez au Sépulcre ces jours-ci. Un tombeau vide, des linges et un suaire affaissé. Et pourtant, sa foi prend le relais. Elle se remémore toutes les prophéties de la résurrection portées par l’Ancien Testament. Elle se rappelle toutes les annonces du Christ lui-même : « Il faut que le Fils de l’homme souffre de la part des grands prêtres, qu’il meurt et que le troisième jour il ressuscite ». La foi native lui fait conclure à travers ces maigres indices que le Christ est vivant, qu’il a traversé la mort, et que la vie éternelle fait son œuvre.
Chères Agnès et Justine, dans la nuit de Pâques, vous allez communier à ce pain. C’est le pain de la Pâque, le pain pris par le Christ dans le repas de cette nuit pour en faire le sacrement de son Corps et de son Sang. C’est le pain azyme qui n’a pas levé, celui que Dieu donne aux enfants d’Israël comme mémorial de leur libération. C’est le mémorial de la Pâque, au sens fort du terme : tous ceux qui consomment cet Agneau immolé au Temple, revivent la Pâque, sortent à nouveau d’Egypte. Manger l’Agneau, c’est manger la Pâque. Manger ce pain et boire à cette coupe, c’est recevoir le salut, ni plus ni moins.
Ce dimanche nous voici à nouveau à l’école de l’Evangile. Et l’Eglise se fait encore et encore pédagogue pour nous faire écouter la Parole de Dieu, et notamment une Parole qui non seulement nous invite à la sainteté, la perfection, mais aussi à devenir saints et parfaits comme Dieu lui-même et saint et parfait. Vaste programme me direz-vous. Vaste programme et tâche rude tant nos vies, la mienne comme la vôtre, semble être des reflets bien pâles, voire obscurs de la sainteté de Dieu. Et pourtant, c’est bien la visée de ce jour.