Dans sa montée à Jérusalem, Jésus passe à Jéricho. Il y fait cette rencontre étonnante que seul l’évangéliste saint Luc rapporte. Zachée est vu, discerné par celui qu’il veut voir, peut-être sans se faire voir lui-même.
Je dis rencontre étonnante, parce qu’elle aurait pu ne pas se produire. L’homme a une fonction publique de collecteur d’impôt, à la solde de l’occupant, malhonnête au point de s’enrichir sur le dos des impôts collectés, bref un pécheur public. En plus, sa petite taille l’empêchait de voir et d’être vu. Il n’empêche : Zachée est discerné par le seul Maître, alors même qu’il voulait simplement voir passer Jésus de Nazareth. C’est ce qui va arriver : Jésus va passer, il va passer dans son existence. Alors il laisse ses biens aux pauvres, la moitié seulement, celle qu’il avait accumulée à titre personnel, le reste appartient à l’occupant ; il accueille le Christ dans sa maison, à sa table. Oui vraiment, le salut est advenu pour ce pécheur, aujourd’hui même.
Nous voici ce matin avec cette finale de l’Evangile entendu il y a un instant, qui consiste en une question somme toute assez dramatique. La question est vive, elle est brûlante. Elle est dramatique dans sa formulation, alors qu’elle est posée par le Christ à ses disciples avant même sa montée à Jérusalem et son mystère pascal. Et déjà on peut dire que ce retour glorieux du Christ ne suscitera pas immédiatement la foi des disciples et des Apôtres. Fuite à la Passion, incrédulité à la résurrection.
En ce dimanche de rentrée paroissiale, nous voici avec cet Evangile et cette parabole. Voici un texte qui peut nous paraître un peu difficile au premier abord ; je dis difficile, voire un peu rude à entendre. De quoi nous parle-t-on ?
Nous voici avec ces 3 paraboles de la miséricorde qui nous sont si familières, surtout la 3ème, celle du fils prodigue. Le contexte de ces paraboles ne doit pas nous méprendre sur la visée du Christ.
L’Evangile que nous venons d’entendre nous donne une scène apparemment ordinaire du ministère public de Jésus. Un jour de sabbat, il est invité chez un notable. Situation classique, celle où on invite M. le curé à la table familiale pour un repas du dimanche, pour un repas de fête. Sauf que… Sauf que, la situation paraît ne pas être si paisible que cela. On l’observait dit Saint Luc. On l’observait attentivement, peut-être avec méfiance, avec malveillance. Est-il si pieux ou si sage qu’on le dit ? Mange-t-il en respectant les coutumes juives ? Mange-t-il ou boit-il comme un glouton ou un ivrogne ? A l’inverse n’est-il pas trop ascète ?