Chers amis, nous voici en cette belle fête de Pentecôte, que je vous propose de regarder comme une fête de feu ! Et nous chantons l’Esprit sous différents vocables : Esprit de vérité, Esprit de lumière, et même Esprit de feu.
Le feu dont il est d’abord question est celui de l’évènement dont la Pentecôte juive fait mémoire. Comme Pâques, la fête de Pentecôte est d’abord une fête juive, cinquante jours après Pâques, une semaine de semaines. Si Pâques ou Pessah commémore la sortie d’Egypte, la fin de l’esclavage, Pentecôte célèbre le don de la Loi par Dieu à la montagne du Sinaï.
Vous vous souvenez que les 2 derniers dimanches de Pâques nous ont présenté la figure du Bon Pasteur, et celle de la vigne, 2 figures par lesquelles le Christ enseigne à ses disciples sur son identité et sur les liens qui nous lient existentiellement à lui. Il est le Bon Pasteur qui connaît ses brebis. Il est la vigne dont nous sommes les sarments.
Nous réunis au Cénacle, voici au huitième jour après la Pâque de Jésus, comme les disciples rassemblés pour la deuxième fois. Evidemment le dialogue entre Jésus et Thomas rayonne en ce matin, avec ces 2 verbes que nous entendons depuis l’annonce de la résurrection : voir et croire. Voir pour croire, croire sans avoir vu… Peut-être aimeriez-vous que j’en dise plus, que je vous parle de la figure de Thomas et de son besoin de vérifier par lui-même les dires de ses frères apôtres.
Nous avons entendu cette question dans le chant de l’Exultet, dans l’annonce de la Pâque qui a ouvert notre célébration ici dans l’église. Voici la nuit de vrai bonheur, à la nuit où le ciel s’unit à la terre, où l’homme rencontre Dieu. Il est des nuits de détresse et d’angoisse, et nous en connaissons, et beaucoup de nos contemporains ne les connaissent que trop. Et il y a cette nuit. Nuit sainte, nuit de la re-création.
Dans l’histoire du peuple juif, il y a une date charnière qui est à retenir, celle de 587 avant notre ère. C’est la date du drame de l’Exil. Les armées babyloniennes du roi Nabuchodonosor avaient fini de réduire le Royaume de Juda. Ils ont détruit le Temple et toute la ville de Jérusalem. Ils ont déporté toute la population pour la réduire en esclavage à Babylone.