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Caritas Christi urget nos ! - Page 56

  • Heureux les invités au repas du Seigneur

    tableau_base_gde.jpgVous connaissez cette phrase. Nous allons la réentendre juste avant de communier au Corps du Christ. Heureux les invités au festin des Noces de l’Agneau, pourrait-on traduire pour être plus fidèle à l’original latin.

    Il y a un repas. Et quel repas ! Des viandes grasses et succulentes, des vins capiteux et décantés. Les mots humains du prophètes Isaïe sont faibles pour décrire la réalité de la communion que Dieu veut avec les hommes. Le vocabulaire balbutie devant que l’homme pressent. Or c’est la réalité humaine du repas qui nous aide, parce qu’elle nous parle. C’est le repas de nos fêtes humaines, celui de nos familles, celui nos tables d’amis. Un repas où la première joie est celle de recevoir dans son intimité, et de partager, d’offrir le meilleur de soi. C’est moi qui l’ai fait. Et c’est pour moi, l’expression de mon amour.

    Et vous ne l’avez pas vu venir, et pourtant le voici, un film : le festin de Babette. Film merveilleux où la servante va tout offrir de sa récente fortune pour un repas où les Douze convives reçoivent une joie et un pardon qu’ils n’espéraient plus, prémices de la communion des saints qu’ils doivent devenir.

    C’est en partie ce que la Parole de Dieu veut exprimer quand elle évoque tous ces repas qui sont une esquisse de cette communion que le Seigneur veut nous faire partager. Dans le repas par excellence, il n’y aura plus ni deuil, ni mort, ni larmes, parce que dans ce repas, par repas, il nous sauve. Repas communionnel, repas rédempteur, repas sacrificiel, où nous recevons la vie, où nous devenons la vie de cet aliment. Image magnifique pour cette vie de Dieu qui nous divine. Image magnifique qui se réalise dans le sacrement en attendant la vie où Il nous comblera sans fin.

    Nous sommes des invités. Oui, des invités. Pas des ayant droits, pas des usagers, encore moins des consommateurs. L’invitation que l’Evangile de ce dimanche lance au premier cercle est belle, mais elle se heurte à un refus qui est à la fois ingrat et désinvolte. L’invitation est relancée et élargie. Dieu ne résigne pas aux refus de l’humanité. Souvenez vous du magnifique passage de la PE IV que nous allons réentendre : « Comme il avait perdu ton amitié en se détournant de toi, tu ne l´as pas abandonné au pouvoir de la mort. Dans ta miséricorde, tu es venu en aide à tous les hommes pour qu´ils te cherchent et puissent te trouver. Tu as multiplié les alliances avec eux, et tu les as formés, par les prophètes, dans l´espérance du salut. Tu as tellement aimé le monde, Père très saint, que tu nous as envoyé ton propre Fils, lorsque les temps furent accomplis, pour qu´il soit notre Sauveur ».

    Quelque fois nous comprenons mal cette invitation. C’est trop, je n’en suis pas digne. Ce n’est pas assez, qu’en est-il des autres, ceux qui ne sont pas baptisés, ceux qui ne sont pas croyants ? Nous sommes des invités, par amour, par miséricorde envers nous parce que c’est la joie de Dieu dans laquelle il veut nous faire entrer. Que nous soyons confus c’est une chose. Que nous refusions par ce que nus pensons que nous n’en sommes pas dignes, c’est autre chose. Arrêtons de nous regarder, regardons la joie de celui qui nous invite. Tous, vous m’entendez, tous sont invités, le premier cercle, comme le second, comme le troisième. L’invitation est lancée, reste à chacun à répondre, quel qu’il soit, où qu’il en soit. C’est bien le problème de cet homme de la parabole qui ne répond pas, qui n’a pas révêtu le vêtement de noces, qui n’est pas entré dans la joie du Roi qui invite.

    Répondront-ils ? C’est leur problème, pas le vôtre. Comment répondront-ils ? C’est leur problème, pas le vôtre. La théologie peut vous rassurez sur un point : la puissance de Dieu n’est pas enchaînée à la grâce des sacrements. Grâce comme moyen ordinaire, mais la puissance peut prendre les moyens extraordinaires qu’elle veut, quand elle veut comme elle veut. Ce n’est pas notre affaire.

    C’est notre bonheur. Encore faut-il le croire et l’espérer. C’est notre bonheur. Heureux : l’expression revient suffisamment dans la Parole de Dieu, et nous allons le réentendre le jour de la Toussaint. Heureux, mais pas à la manière du monde. Heureux, mais pas forcément à la manière dont nous nous représentons le bonheur. Heureux tout de même : heureux d’être nourris, invités, comblés. Heureux d’être associés à Lui, redonnés à nous, envoyés vers les autres. Heureux tous les invités au repas du Seigneur. Heureux ceux qui répondent. Heureux ceux qui sauront être des invitants à la joie du Père.

  • C'est la fête !

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  • C'est imminent !

  • Habemus papam, le film

    Enfin une séquence cinéphile !

    Nanni Moretti nous livre un film presque félinien, sauf qu'il n'est pas anti-clérical. C'est surréaliste, mais avec une belle réflexion sur l'exercice du pouvoir. C'est à voir ! Pour le moment, un apéritif.

     

  • Ne gardez aucune dette envers personne, sauf celle de l’amour mutuel

    77d61a3b3b342a3b83d653f127ee8b16Voilà que le fougueux Saint Paul nous invite à l’amour fraternel, à la dette même de l’amour mutuel. Je dis fougueux parce que l’Ecriture garde le souvenir de quelques querelles ou différents entre Paul et Pierre, ou avec le futur évangéliste Marc.

    Pourtant le conseil de l’Apôtre fait directement écho aux paroles du Christ dans l’Evangile de ce jour, qui est tiré du long discours de Jésus sur l’Eglise, où il donne quelques principes simples de vie en commun dans la communauté des croyants. Le péché, les contentieux, les querelles pouvaient malheureusement faire leur apparition entre les membres des futures communautés chrétiennes. Plutôt que l’infamie d’aller régler ces conflits devant les païens, Saint Paul conseillera d’abord aux premiers chrétiens de régler ces manquements à la charité entre eux. Pensez donc au scandale : ceux dont on dit « Voyez comme ils s’aiment », ceux-la mêmes se divisent ! Quel contre-témoignage rendu à la foi ! Quel contre-témoignage rendu au Christ. Certains pourraient avoir raison, ceux qui disent, finalement les chrétiens ne sont pas meilleurs que les autres…

    Au premier rang des principes de l’Evangile de ce dimanche : la correction fraternelle. Celle qui nous fait aller trouver un frère ou une sœur pour l’avertir, le corriger, le reprendre sur une parole, un acte, une attitude qui ne nous a pas semblée juste, ou vraie, ou belle. Lequel ou laquelle d’entre nous n’a pas été libéré(e) un jour par le fait d’avoir été repris pour telle parole ou tel acte dont il n’avait mesuré son caractère blessant ? Même si sur le moment, cela a été difficile à encaissé, quelle libération et quelle joie ensuite !

    C’est que notre foi, notre appartenance au Christ, est nécessairement ecclésiale. Le pape Benoit XVI l'a redit aux jeunes à Madrid il y a précisément 2 semaines à Madrid : « On ne peut suivre Jésus en solitaire. Celui qui cède à la tentation de marcher ‘à son propre compte’ ou de vivre la foi selon la mentalité individualiste qui prédomine dans la société, court le risque de ne jamais rencontrer Jésus-Christ, ou de finir par suivre une image fausse de Lui » (homélie de la messe du 21 août).

    Nous ne sommes pas seuls devant Dieu. Nous sommes membres d'un corps, d'un corps vivant dont les membres sont solidaires. Si un souffre, tout le corps souffre. Si un est à l'honneur, tout le corps est à l'honneur. 

    Membres de ce corps, nous recevons par lui la grâce, celle du salut, celle de la réconciliation. Les ministres de cette grâce sont, pour une part, nos frères et nos sœurs. Ils nous aident, et nous les aidons, à grandir dans ce chemin de sainteté qui nous est commun. Le pape insiste dans la même homélie aux JMJ : « Avoir la foi, c’est s’appuyer sur la foi de tes frères, et que ta foi serve également d’appui pour celle des autres ».

    Ce service de la correction fraternelle est un enjeu dans une communauté religieuse, si petite soit elle. C'est un enjeu dans un couple, dans une famille. C'est un enjeu dans un groupe d'ami et finalement dans tout groupe humain. Mais le fait que ce soit un enjeu, quelque fois difficile à faire, ne doit pas nous arrêter.

    La raison en est simple. Dans son encyclique Caritas in Veritate, le pape Benoit XVI insiste sur une raison qui est un horizon pour nous : que nos relations humaines soient l'icône des relations trinitaires. Je m'explique. Nos relations humaines sont promises à cette belle ressemblance de la Trinité. L'amour et la circularité des relations trinitaires, du père du fils et de l'esprit sont le modèle de nos relations ici-bas. Nous avons à devenir des amis. 

    C'est bien parce que nous avons à devenir des amis que nous ne pouvons être des complices. La correction fraternelle va donc corriger ce qui manque à la charité pour nous aider mutuellement à grandir, pour honorer cette belle dette de l'amour mutuel. C'est un chantier. A nous d'en prendre les moyens. Concrètement, je vous en laisse trois :

    Nous le ferons d’abord seul à seul, comme le dit l’Evangile, et jamais d'abord en public qui nous défausserait d'une implication personnelle et surtout qui ferait perdre la face à nos frère. Les parents éducateurs le savent bien.

    Nous le ferons avec douceur et jamais avec l'ironie qui nous permet de contourner le nœud à l'estomac qui nous empêche d'être vrai. 

    Nous le ferons au moment opportun et rarement à chaud pour éviter de donner prise à la colère.

    Seul à seul. Avec douceur. Au moment opportun. Bonne correction !