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Caritas Christi urget nos ! - Page 62

  • Vous voulez mourir ?

    sarkozyfranchisemedicalgi3.jpg« Toute personne capable majeure, en phase avancée ou terminale d’une affection accidentelle ou pathologique grave et incurable, lui infligeant une souffrance physique ou psychique qui ne peut être apaisée ou qu’elle juge insupportable, peut demander à bénéficier, dans les conditions prévues au présent titre, d’une assistance médicalisée permettant, par un acte délibéré, une mort rapide et sans douleur. »

    Le voici dant sa crudité, l'article 1 de la proposition de loi qui sera débattu le 25 janvier prochain au Sénat. Peu importe que la mise en place des 3.000 lits en soins palliatifs prévus par la loi Léonetti de 2005 n'aient pas encore été évaluée. Peu importe que 60 % des français soient contre l'euthanasie. Peu importe que la prise en charge de la souffrance morale, psychique, spirituelle ne soient pas prise en compte par le texte. Peu importe que le texte ne dise pas qu'est qu'une "souffrance physique ou psychique qui ne peut être apaisée". Au fond peu importe ce que le coeur de l'être humain veut, pourvu que des biens portants décident à la place d'autres.

    Rendez-nous le vrai rendez-vous avec notre soeur la mort corporelle

     

  • Nous sommes venus nous prosterner devant Lui

    rois-mages.jpgLes voici donc, ces hommes venus de loin pour se prosterner devant le Roi qui vient de naître. Quand je dis qu’ils viennent de loin, c’est un euphémisme. Ils viennent de loin physiquement, du pays du soleil levant. Ils viennent de loin si l’on en croit les cadeaux qu’ils font, l’or, la myrrhe, l’encens. Ils viennent de loin religieusement, des mages, des sages dans leur propre culture, scrutant les astres. Ils viennent de loin par rapport à la Révélation faite par Dieu au peuple hébreu. Bref, eux qui étaient loin, sont venus, ils sont devenus proches, au point de s’approcher du Messie qui vient de naître, de se prosterner devant lui.

    Il faut d’abord mesurer à quel point ces hommes sont étrangers à la Révélation faite à un petit peuple du Proche Orient ancien. Etrangers et non ignares, non sans avoir cultivé une sagesse humaine et religieuse qui a mis leur être et leur intelligence en mouvement, disponibles à un signe : une lumière s’est levée, elle annonce un grand roi qui vient de naître.

    Ces mages pourraient déjà nous aider sur un point : que monte en nos cœurs un certain étonnement et un certain émerveillement. Etonnement parce qu’un évènement nouveau est advenu. Emerveillement parce que cet évènement a la capacité de faire franchir des espaces et des distances immenses, de mettre en route, bref de faire sortir de nous-mêmes. Le bon roi Hérode, lui, fut incapable de cet étonnement et de cet émerveillement. Lui qui est proche de la révélation, saura se la faire confirmer par les scribes. « Pris d’inquiétude », Hérode a perdu cette capacité d’étonnement et d’émerveillement. Inquiet, troublé, il ira jusqu’à annoncer qu’il ira se prosterner. Mais le lecteur sait bien qu’il ment.

    Il nous faut retrouver cette capacité à l’étonnement devant l’évènement de la venue du Fils de Dieu parmi nous. Etonnement, parce qu’advient ce qui a été promis. Emerveillement parce qu’il nous communique la vie que nous ne pouvions nous donner. Admirable échange ! dit un texte de la liturgie. Nous l’avons chanté dans la nuit de Noël.

    Curieusement, voici que des hommes venant de loin nous entraîne par les questions simples qu’ils posent : où est le Roi des juifs qui vient de naître. Le prophète Zacharie l’annonçait déjà : « En ces jours là, dix hommes de toutes les langues des nations saisiront un Juif par le pan de son vêtement en disant : ‘nous voulons aller avec vous, car nous avons appris que Dieu est avec vous’ ». La révélation faite par Dieu à Israël déborde, à un point tel que ceux du dehors entraînent ceux du dedans. Quelle leçon spirituelle !

    Nous sommes souvent en train de nous demander, de façon inquiète et impuissante ce que nous pourrions apporter à ceux du dehors, aux autres cultures. Alors qu’il s’agit d’être disponibles, étonnés, émerveillés au mouvement dans lequel ils nous entraînent : venir nous prosterner devant le Prince de la Paix, le petit Roi de Bethléem.

    Deux critères pour notre discernement, pour nous assurer que nous sommes dans le mouvement qui vient de Dieu et qui va vers Lui, sans quoi nous risquerions d’être des naïfs incorrigibles, ou des girouettes qui varient en fonction du vent :

    1. L’étoile les mène à Jerusalem, à l’Ecriture et à ceux qui l’interprètent. Ce critère est de taille. L’appel de Dieu, le vent de l’Esprit dont on ne sait ni d’où il vient, ni où il va, est en cohérence avec l’Ecriture, avec sa Parole, lue, reçue, interprétée.

    2. A Bethléem, ils retrouvent l’étoile. La continuité dans les signes. Le même est annoncé. Le même est contemplé. C’est la même lumière intérieure, déposée dans les cœurs, qui fait reconnaître la lumière  invisible émanant de cet Enfant. La lumière de la foi nous fait dire : c’est Lui le Messie. « Venez, courbons-nous, prosternons nous ; à genoux devant le Dieu qui nous a faits », chante le psaume 94.

    « Nous sommes venus nous prosterner devant Lui » disent les mages en ce jour. Peu importe l’état de nos genoux ! Comme les bergers, ils nous entraînent à leur suite : « Allons jusqu’à Bethléem voir ce qui est arrivé et que le Seigneur nous a fait connaître ». Nous avons joué de la flûte et vous avez dansé avec nous. Laissons là toute inquiétude, toute réserve, tout obstacle de l’intelligence. Allons à la crèche pour reconnaître notre Sauveur, pour nous prosterner devant Celui qui seul est digne de ce geste. Avec les mages, venez, adorons-le !

  • Déjà 30 ans !

  • Quand l'invisible se rend visible

    Georges_de_la_tour_nativite.jpgLe Verbe s’est fait chair, il a habité parmi nous, et nous avons vu sa gloire.

    Ce matin, il s’agit de voir. Cette nuit, il s’agissait de croire avec les bergers. Entendre la voix des anges dans le ciel, avoir foi dans leur parole et se mettre en route pour la crèche. Ce matin, donc il s’agit de regarder et de voir. Voir l’invisible qui se rend visible. Voir Dieu qui se fait homme. Voir le Verbe parmi nous. Ni plus, ni moins.

    Vous vous souvenez peut-être d’un autre passage de St Jean, dans sa première lettre, où il insiste : ce que nous avons entendu, ce que nos yeux ont vu, ce que nos mains ont touché du Verbe de Vie, nous vous l’annonçons. La vie s’est manifesté et nous avons vu sa gloire.

    Les mages verront un enfant et se prosterneront devant le Messie attendu par les nations. Les disciples verront Jésus de Nazareth et ils confesseront leur foi dans le Seigneur Jésus Christ. Marie Madeleine verra un jardinier et se prosternera aux pieds de son Maître, le Ressuscité. La vision fait toujours appel à la foi.

    C’est donc qu’il y a une nouveauté propre au mystère de Noël : c’est qu’il y a à voir. Un visible se montre, dévoilant l’invisible. La préface de Noël va nous le redire dans un instant : maintenant , nous connaissons dans le mystère du verbe incarné Dieu qui s’est rendu visible à nos yeux, et nous sommes entraînés par lui à aimer ce qui demeure invisible.

    Notre société s’est habitué à ce que tout soit visible. Elle laisse bien peu de place, en apparence, à ce qui est invisible. Et je ne parle même pas de la difficulté de la place de la foi chrétienne dans l’espace public.  La magie de Noël, comme on dit, habille nos rues, nos magasins, nos centres commerciaux. Un grand manteau consumériste s’étend et rend visible des tonnes de biens. Un soupçon d’invisible vient enchanter les bambins qui entrevoient dans un vieillard bonhomme et rougeoyant quelque chose de la bonté et de la justice distributive.

    Mais, rendez nous Noël, le mystère de Noël où le Verbe se rend visible et nous entraîne à aimer ce qui demeure invisible. Il se rend visible, parce que son Incarnation vient toucher notre humanité en se faisant l’un de nous. Travaillant avec des mains d’hommes, aimant avec un cœur d’homme, s’unissant en quelque manière à tout homme, comme dit un texte du Concile Vatican II.

    Dieu prend un visage d’homme et nous pourrons le contempler et même le représenter, sans craindre que la distance entre lui et nous soit abolie. Dans son incarnation, le Verbe donne aux hommes le sacrement ultime du salut dans l’humanité du Christ, signe et moyen efficace. Tout homme peut alors le voir, l’entendre, le toucher. Il entre dans un réseau dense des relations humaines pour nous élever à Lui.

    Il se rend visible, pour nous entraîner à aimer ce qui demeure invisible. L’incarnation reste la porte qui nous sépare du monde invisible. Nous n’aurons pas trop de la fête de l’Ascension pour le réaliser. Dès maintenant, devant nos crèches, et encore plus devant le Saint Sacrement de sa présence eucharistique, le visible renvoie à un invisible qu’il s’agit d’aimer et d’espérer.

    Aujourd’hui, la vue du Verbe incarné est déjà une grande joie. Il se donne à voir, à entendre à être touché pour nous sauver. Ce temps de l’Incarnation est prolongé par les sacrements. Chaque Eucharistie nous donne à voir et nous entraîne à aimer ce qui demeure invisible.

    Désormais, il ne nous est plus possible de vivre de façon aveugle ou myope. Ouvrons les yeux devant ce don immense qui se donne à voir. Il est la porte sur ce qui reste promis. C’est en ce sens qu’il faut comprendre la phrase écrite sur la tombe de Newman : Ex umbris et imaginibus in veritatem (« Des ombres et des images vers la vérité »). Du visible à l’invisible. Voilà le pèlerinage de notre foi qui s’ouvre aujourd’hui. Il nous entraîne à un discernement pour que les yeux se dessillent sur la vocation invisible de chacun et de chaque communauté.

    Le Verbe s’est fait chair, il a habité parmi nous, et nous avons vu sa gloire.

    Seigneur Jésus, Fils du Dieu vivant, ouvre les yeux de notre intelligence pour que puissions te reconnaître quand tu te donnes à voir. Entraîne notre volonté à aimer Celui qui demeure invisible.