UA-63987420-1

Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

  • Séraphine

    seraphine.gifPar un sombre lundi de novembre (si, si, cela arrive), je m'étais retrouvé à l'Eldorado, ciné d'art et d'essai de Dijon. Et j'avais été conquis par ce film. A la limite de l'inspiration de la grâce et du déchaînement du psychisme humain, Séraphine peint avant finalement de sombrer. Les Césars ont également aimé. Et vous ?


    Seraphine
    envoyé par FranceCinema

     

  • Vous avez dit jeûne ?

    vendredi-saint.jpg

    1. Chers amis, nous voici donc embarqués, tous ensemble, dans cette montée vers Pâques. Dans quarante jours, nous serons au seuil du mystère pascal, mourrant et ressuscitant avec le Christ. Largement et comme une mesure débordante, la grâce pascale inondera nos pieds au soir du Jeudi-Saint, elle illuminera nos visages au seuil de la Vigile pascale, elle nous rassasiera de son amour au matin de Pâques. Au long de ces quarante jours, grâce et avec tous les catéchumènes, nous allons nous y préparer activement.

    2. Pour l'heure, nous nous mettons en route pour cette montée, avec finalement peu de bagages.  L'Évangile du jour des Cendres semble n'en admettre que trois : l'aumône, la prière et le jeûne. Trois bagages qui sont là pour nous alléger dans cette montée à Jérusalem. Et même, ces trois bagages n'ont qu'une seule fonction : nous désencombrer de tout ce qui nous empêche d'accueillir la grâce pascale. Nous n'aurons pas trop que ces 40 jours pour ce vaste travail de désencombrement, avec ces seuls bagages. Si vous le voulez bien, c'est à propos du jeûne que je vous voudrais m'arrêter. Le message de Carême de Benoît XVI sera plus explicite encore.

    3. Qu'est-ce que jeûner ? Jeûner, c'est se priver de tout aliment pendant un espace donné (une journée, une semaine...) ou encore ne manger qu'une seule fois par jour; c'est le sens du jeûne que demande l'Église pour deux jours de l'année: le Vendredi-Saint et le mercredi des Cendres. Concrètement, si vous avez déjà fait un repas ce midi, inutile de vous encombrer l'imagination (carpe farcie ou quiche aux deux saumons,...) pour ce soir. Le jeûne est donc différent de l'abstinence des vendredis de Carême (et même de tous les vendredis de l'année sous certains aspects) consiste à s'abstenir de certains aliments plus substantiels (ce qui est pratiquement défini pour la viande). Voilà le minimum défini par l'Église. Charge à chacun d'en faire sa loi et d'y ajouter ce qui lui semble approprié pour cette tâche de désencombrement.

    4. C'est que le jeûne a quelque chose qui relève de l'expérience spirituelle et non pas de la thérapie de bien-être corporel ou de l'héroïsme. Il s'agit de se priver de nourriture pour être empli d'une nourriture spirituelle. Être en quelque sorte creusé pour manifester notre ouverture, notre disponibilité à ce que Dieu veut mettre en nous. Dans son message de Carême 2009, le pape Benoît XVI ajoute : "nous Lui permettons de venir rassasier une faim plus profonde que nous expérimentons au plus intime de nous : la faim et la soif de Dieu". Vous pourriez me dire que l'intention suffirait, que tout cela se passe entre Dieu et moi, et qu'il voit bien le fond de mon cœur et de mon âme. Ce serait perdre de vue trois aspects du jeûne.

    5. Le premier est qu'il implique notre corps. C'est bien parce que notre personne unifiée, corps et âme, qui est en relation avec les autres et avec Dieu. Or, le corps est le support concret de ma relation aux autres qu'il est également le moyen de ma relation à Dieu. Tout passe par la médiation de notre corps : nos sentiments, nos émotions, nos paroles, nos actes, notre travail,... Et même notre relation à Dieu passe par cette médiation corporelle. Notre rapport à la nourriture exprime quelque chose de nous-mêmes, tous les psychologues le savent. Or, cela exprime également quelque chose de notre âme. C'est pour cela que le jeûne, comme pratique de pénitence corporelle, fait partie de cette médiation-là.

    6. Le second élément va plus loin. C'est que notre jeûne est un acte de solidarité. Par notre jeûne, nous nous souvenons que des millions de nos contemporains n'ont pas de quoi manger. Dans cette société faite de consommation et de distraction, de pain et de jeux, nous dosons notre nourriture et notre boisson. Par là, nous expérimentons librement ce que tant d'hommes et de femmes subissent, quelque fois à quelques dizaines de mètres de nous. Et nous nous plaindrions de ces quelques efforts qui nous ouvrent corporellement à la souffrance d'autrui. Isaïe le prophétisait déjà quand il disait que le jeûne qui plaît à Dieu c'est de « partager ton pain avec l'affamé, héberger chez toi les pauvres, vêtir celui qui est nu, ne pas se dérober devant celui qui est ta propre chair » (Is 58,7) Par le jeûne et le partage qui en découle, nous nous désencombrons de l'égoïsme, nous acceptons d'être le gardien de notre frère. Nous nous rendons sensibles à sa souffrance et nous proclamons l'injustice.

    7. Le dernier élément est le sens ecclésial du jeûne de ce jour et du Carême : c'est l'ensemble de toute l'Église qui aujourd'hui se prive de nourriture pour s'entraîner au combat spirituel comme le disait la prière d'ouverture. Chacun est libre d'y ajouter un jeûne d'ordinateur, de voiture, de tabac, de paroles, que sais-je encore. L'aspect ecclésial de notre jeûne est à prendre à compte, parce ce Carême concerne toute l'Église qui veut revenir au Seigneur son Dieu de tout son cœur. Toute l'Église reçoit les Cendres sur son front en signe de pénitence, toute l'Église prie et toute l'Église jeûne. L'émulation communautaire est donc une aide puissante pour ce jeûne et ce Carême. C'est ensemble que nous serons renouvelés dans notre foi pascale. C'est ensemble que nous nous y désencombrerons. C'est ensemble que nous jeûnons aujourd'hui. Et déjà cela nous aide.

     

  • Les Cendres

    030106ashw.jpgCatéchèse du Cardinal Pierre Eyt aux jeunes du diocèse de Bordeaux, sur le sens du carême
    Cathédrale Saint-André, le 28 février 2001

    La cendre est appliquée sur le front pour nous appeler plus clairement encore à la conversion, précisément par le chemin de l'humilité. La cendre, c'est ce qui reste quand le feu a détruit la matière dont il s'est emparé. Quand on constate qu'il y a des cendres, c'est qu'apparemment il ne reste plus rien de ce que le feu a détruit. C'est l'image de notre pauvreté. Mais les cendres peuvent aussi fertiliser la terre, aider au redépart de la nature et la vie peut renaître sous les cendres.

    Quand nous sommes attentifs à ce que peuvent signifier les cendres, nous sommes déjà introduits dans le sacrement de réconciliation et de pénitence. Dire notre péché pour être pénétrés par le pardon de Dieu. Dire notre violence et la regretter et nous en repentir pour imiter Dieu en pardonnant à notre tour. Le sacrement de réconciliation nous oriente de l'intérieur, comme le feu peut nous orienter de l'extérieur dans la nuit du péché. Le chemin de Pâques est donc une route extérieure, avec ces six semaines et ces quarante jours de Carême, mais c'est surtout un chemin du cœur, un chemin de l'intérieur, un chemin de conversion.

    Feu, cendres, pénitence, ... il s'agit de détruire " le vieil homme ", de le brûler, mais il est trop clair qu'on ne détruit et qu'on ne brûle que ce que l'on remplace. Alors interviennent les actes et les gestes, les engagements que l'Eglise propose pour le Carême et dont Jésus nous exprime déjà la nécessité dans l'Evangile : l'aumône, la prière, le jeûne. Il s'agit de reconstruire à la place de ce qui a été détruit. Il s'agit de construire avec la grâce du Christ, avec la main du Christ qui nous saisit. Il s'agit de construire avec l'esprit du Christ qui va façonner en nous l'homme nouveau. D'où ces trois chemins convergents dont l'Evangile nous parle : l'aumône, la prière et le jeûne.