25 janvier 2009

Désert

sinai049.jpgCette semaine : silence.

 

 

Je serai en retraite spirituelle.

22 janvier 2009

Prêtre (2)

2feac1ac-0084-11dd-a648-e75452e2f864.jpgVoici la dernière partie de cette retraite donnée par le pape Jean-Paul II aux prêtres, diacres et séminaristes, le 6 octobre 1986 (voir article 17 janvier). Qui la lira toute entière sera peut-être également saisi par sa simplicité et son actualité.

Comment pourrions-nous remédier a la crise spirituelle de notre temps si nous ne prenions pas nous-mêmes les moyens d’une union profonde et constante au Seigneur dont nous sommes les serviteurs? Dans le Curé d’Ars, nous avons un guide hors pair. Il disait: “Le prêtre est avant tout un homme de la prière... C’est la réflexion, l’oraison, l’union à Dieu qu’il nous faut”.

Ce ne pas sans raison que nos directeurs spirituels ont insisté sur un temps d’oraison donné chaque jour, gratuitement, en présence du Seigneur, sur l’écoute quotidienne de la Parole de Dieu, sur la louange et l’intercession, au nom de l’Eglise, par la prière de la liturgie des Heures, sur la façon de célébrer quotidiennement l’Eucharistie, sur la prière mariale: quelle admiration avait pour la Vierge le Curé d’Ars: “Ma plus vieille affection”! Et quelle confiance: “Il suffit de se tourner vers Elle pour être exaucé”! Je pense encore à des moments réguliers de retraite pour laisser à l’Esprit de Dieu la possibilité de nous pénétrer, de nous “vérifier”, et nous aider à discerner l’essentiel de notre vocation.

La rencontre quotidienne des beautés et des misères humaines, dans notre ministère, est évidemment à intégrer dans notre prière; elle peut la nourrir, à condition de tout rapporter au Seigneur, “pour sa gloire”.

Tous nos engagements sacerdotaux prennent un nouveau relief dans la lumière de cette vitalité spirituelle:

– le célibat, signe de notre disponibilité sans limite au Christ et aux autres; – une pauvreté réelle, qui est participation à la vie du Christ pauvre et à la condition des pauvres, comme l’a montré le Père Chevrier; – l’obéissance, qui traduit notre service en Eglise; – l’ascèse nécessaire à toute vie, à commencer par celle du ministère quotidiennement accompli; – l’acceptation des épreuves qui surviennent et même des mortifications volontaires offertes avec amour pour les âmes: le Curé d’Ars a fait l’expérience de cette parole du Seigneur: “Il y a des démons que ne se chassent que par le jeûne et la prière”. Mais, direz-vous, où trouver l’énergie pour tout cela? Certes, nous ne sommes pas dispensés d’être des hommes de courage. Mais “le joug est doux et le fardeau léger” si notre courage s’appuie sur la foi, sur la confiance que le Seigneur n’abandonnera pas ceux qui se sont livrés à lui: “Dieu est plus grand que notre cœur”.

21 janvier 2009

Obamania

barack-obama-president-des-etats-unis-damerique.jpgElle est arrivée discrètement en France depuis près d'un an. Les médias nous l'ont apporté. Les hommes politiques l'ont relayé. Et voilà que l'Eglise s'en mèle.

Personnellement, je n'arrive pas à m'y faire. Que l'arrivée d'un nouveau homme (et d'une nouvelle équipe) à la présidence du premier Etat fédéral au monde (en taille) soit l'occasion d'espérer telle ou telle inflexion de la politique de ce pays (notamment au Proche-Orient), c'est une chose. De là à ce que l'espoir devienne une espérance quasi messianique, il y a un pas que même un lorrain dont le tempérament est réputé pour légitimiste ne saurait franchir.

 

18 janvier 2009

Pourquoi il faut aller en Terre Sainte

 

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La proximité de l'investiture du nouveau président américain n'est sans doute pas sans lien avec la fin annoncée des hostilités dans la bande de Gaza, tout comme les prochaines élections législatives israëliennes avec le début de ces opérations militaires (cf Le Figaro du 14 janvier).

En allant comme pèlerin en Terre Sainte, nous répondons à l'invitation des évêques, qui redisaient encore le 15 janvier dernier : "Intensifiez vos prières pour la paix. N'ayez pas peur. Venez en pèlerins sur cette terre, rencontrer les communautés chrétiennes qui y habitent. Ne cessez pas de demander à vos gouvernements de faire de la paix entre Palestiniens et Israéliens une de leurs priorités principales."

Un confrère a trouvé cette vidéo du cardinal Lustiger qui parle du pèlerinage comme du "huitième sacrement".

L'été prochain à Jérusalem !

17 janvier 2009

Prêtre

2feac1ac-0084-11dd-a648-e75452e2f864.jpgNous relisons en ce moment en communauté le texte d'une intervention du pape Jean-Paul II, le lundi 6 octobre 1986 aux évêques, prêtres, diacres et séminaristes réunis à Ars lors de son deuxième voyage en France. Un peu plus de 22 ans plus tard, ce texte n'a pas perdu de son acuité, ni de son actualité.

Le texte est à relire et réentendre. Si le climat ecclésial français n'est plus le même, si beaucoup de débats se sont tus, faute de voix, voire de contenu, les thèmes de l'intervention restent actuels : l'identité du sacerdoce ministériel, la spiritualité des prêtres, leur place dans la vie et la mission de l'Eglise,...

Bonne (re)lecture et un extrait pour vous en donner le goût :

Chers Frères, c’est le Christ qui nous choisit, il nous envoie comme il a été envoyé par le Père, et il nous communique l’Esprit Saint. Notre sacerdoce s’enracine dans les missions des personnes divines, dans leur Don mutuel au cœur de la Sainte Trinité. “La grâce de l’Esprit Saint... continue à être transmise par l’ordination épiscopale. Puis, par le sacrement de l’Ordre, les évêques font participer les ministres sacrés à ce don spirituel” Les prêtres participent à cette grâce et les diacres aussi.

Notre mission est une mission de salut. “Dieu a envoyé son Fils dans le monde pour que par lui le monde soit sauvé” (Jn 3, 17). Jésus a prêché la Bonne Nouvelle du Royaume; il a choisi et formé ses apôtres; il a accompli par la croix et la résurrection l’œuvre de la Rédemption; à la suite des Apôtres, nous sommes associés d’une façon particulière à son œuvre de salut, pour la rendre présente et efficiente partout dans le monde. Saint Jean-Marie Vianney allait jusqu’à dire: “Sans le prêtre, la mort et la passion de Notre Seigneur ne serviraient de rien. C’est le prêtre qui continue l’œuvre de la Rédemption sur la terre” (Giovanni-Maria Vianney, curé d’Ars. sa pensée, son coeur, présentés par l'abbé Bernard Nodet, Le Puy, 1958, p. 100; par la suite: Nodet).

Ce que nous avons à réaliser, ce n’est donc pas notre œuvre, c’est le dessein du Père, c’est l’œuvre de salut du Fils. L’Esprit Saint se sert de notre esprit, de notre bouche, de nos mains. Il nous revient notamment de proclamer sans cesse la Parole, pour évangéliser; de la traduire de manière à toucher les cœurs, sans l’altérer ni l’amoindrir; et de refaire le geste d’offrande de Jésus à la Cène, ses gestes de pardon envers les pécheurs.

Jean-Paul II, Discours de la retraite spirituelle des prêtres, diacres et séminaristes, Ars, 6 octobre 1986

16 janvier 2009

Vous avez dit blogueur ?

blog1.jpgQui dit blog, dit blogueur. Tâche pas si facile qu'on ne croit, surtout quand un article dans le Bien Public s'intéresse aux prêtres blogueurs. Le blog du curé a choisi une ligne éditoriale : bravo à Emmanuel.

Quant à mon blog. Si vous saviez les affres dans lesquelles la rédaction d'un article me met. En plus, c'est la pression constante : "à quand le nouvel article ? pourquoi vous ne donnez plus de nouvelles ? pourquoi vous ne donnez que des nouvelles aux nancéiens ? c'est quoi, votre projet ?" Est-ce je pose toutes ces questions aux lecteur ?

Pour mieux faire comprendre ces affres, voici le fameux sketch de Muriel Robin sur le répondeur.

 

11 janvier 2009

La Lorraine et la technologie

9958_region_lorraine.jpgOn m'a envoyé cette histoire qui m'a beaucoup fait rire. Je vous la partage...

Dans le cadre de fouilles dans le sous-sol russe jusqu'à 100m de profondeur, les scientifiques russes ont trouvé des vestiges de fil de cuivre qui datait d'environ 1000 ans. Par provocation les Russes en ont conclu publiquement que leurs ancêtres disposaient déjà il y a 1000 ans d'un réseau de téléphone en fil de cuivre.


Les Américains, pour faire bonne mesure, ont également procédé à des fouilles dans leur sous-sol jusqu'à une profondeur de 200m. Ils y ont trouvé des restes de fibre de verre. Il s'est avéré qu'elles avaient environ 2000 ans. Les Américains en ont conclu que leurs ancêtres disposaient déjà il y a 2000 ans d'un réseau de fibre de verre numérique. Et cela, 1000 ans avant les Russes !


Une semaine plus tard, à Longwy, en Lorraine, on a publié le communiqué suivant : « Suite à des fouilles dans le sous-sol des fortifications de Vauban, jusqu'à une profondeur de 500m, les scientifiques lorrains n'ont rien trouvé du tout »...  Ils en conclurent que les Anciens Lorrains disposaient déjà il y a 5000 ans d'un réseau Wifi. Ce n'est qu'un peu plus tard que Dieu inventa le Picon et la  mirabelle afin d'éviter que les Lorrains ne deviennent les maîtres du monde...

06 janvier 2009

5 janvier 1477- 5 janvier 2008

bataille_Nancy.jpgL'histoire se passe au matin du 5 janvier 1477. Après plusieurs jours de combat aux portes de Nancy, les armées de Bourgogne sous la tête de Charles le Téméraire et celles de Lorraine avec René II, se retirent après un ultime combat. Le téméraire semble introuvable dans la brume du matin. On fait le recensement des corps tombés. Soudain l'anneau ducal au doigt d'un cadavre attire l'attention. Le Téméraire est tombé et avec lui les rêves du lointain croissant d'or, de Bourgogne en Flandres.

Bons princes, le duc et la cour de Lorraine lui font l'honneur des pompes funèbres. La Grand'Rue pavée de noir (il en reste encore devant la maison où fut déposé le corps du duc de Bourgogne) ; l'hommage des corps constitués, enfin les funérailles à Bruges.

Les lorrains y verront lontemps la protection de Notre-Dame de Bonsecours devant la statue de laquelle ils ont campé et prié les jours précédents. Le souvenir en restera, jusqu'en 1766, où ils leur faudra bien un jour finir par devenir français. C'est la ruse de l'histoire, aurait dit Hegel ! Sans rancune...

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03 janvier 2009

Les citronniers

400035977.jpgC'est l'histoire d'une veuve qui exploite un petit verger de citronnier. Arrive un nouveau voisin : le ministre de la défense. La sécurité du ministre suggère que le verger puisse permettre l'infiltration de terroristes. Le verdict tombe alors : les citronniers seront donc arrachés. Sursaut de la veuve, qui avait reçu ce verger de son père. Elle conteste en justice cette décision arbitraire.

L'histoire peut paraitre fade, sauf que le génie du film vise à montrer comment les êtres se révèlent dans le tragique des vies. Ce tragique est redoublé par le fait que l'histoire se passe sur la frontière entre Israël et la Palestine, dans la région de Taybeh...

La suite est à voir, surtout dans le contexte actuel...

 

 

La blessure d'une amitié mutuelle

13117.jpgLa mémoire des saints Basile le Grand et Grégoire de Naziance a donné l'occasion de relire et surtout goûté cet admirable texte qui parle de leur amitié commune. Accepterons-nous d'être blessés par l'amitié ? Je vous le souhaite pour cette année 2009.

Nous étions ensemble à Athènes. Comme le courant d’un fleuve, à partir d’une source unique, se divise en plusieurs bras, Basile et moi, nous nous étions séparés pour aller chercher le savoir dans des régions différentes. Mais nous nous sommes retrouvés comme à la suite d’un rendez-vous, alors que c’était Dieu qui nous menait.

Non seulement, je portais personnellement à mon grand Basile beaucoup de respect parce que je voyais en lui une conduite sérieuse et une parole avisée, mais j’essayais aussi d’inspirer le même sentiment aux autres qui n’avaient jamais eu l’occasion de le connaître. Car pour beaucoup il était déjà digne de vénération, parce que sa réputation l’avait devancé.

Le résultat de cela ? C’est qu’il fut à peu près le seul, de tous ceux qui venaient étudier à Athènes, qui échappa à la loi commune en jouissant d’une estime supérieure à celle qui revient à un nouveau venu. Ce fut le début de notre amitié ; de là est née l’étincelle qui nous a unis. C’est ainsi que nous avons reçu la blessure de notre amitié mutuelle.

Au bout d’un certain temps, nous nous étions avoués notre passion commune, à savoir que nous n’avions d’ardeur que pour la philosophie. Alors nous fumes tout l’un pour l’autre ; ayant même toit, même table, même vie, même horizon, unissant chaque jour notre commun désir avec plus de chaleur et plus de force.

Nous étions conduits par les mêmes espérances envers la richesse la plus enviée : la science. Mais il n’y avait entre nous aucune envie, nous ne cherchions que l’émulation. il y avait lutte entre nous deux, non pas à qui obtiendrait la première place, mais comment chacun la céderait à l’autre. Car chacun considérait l’éloge obtenu par l’autre comme étant le sien.

On aurait cru que nous avions à nous deux une seule âme responsable de deux corps. Et s’il ne faut pas croire ceux qui prétendent que tout est dans tout, il faut nous croire quand nous disons que nous étions l’un dans l’autre et l’un auprès de l’autre.

Nous n’avions tous deux qu’une seule affaire : la vertu, et notre vie était dirigée vers les espérances futures, pour nous préparer à quitter le monde en y renonçant déjà. C’est dans cette perspective que nous organisions toute notre vie et notre manière de faire. Nous nous laissions conduire par la loi de Dieu en nous excitant mutuellement à l’amour de la vertu. Et si ce n’est pas trop me vanter que de le dire, chacun de nous était pour l’autre une règle et un modèle permettant de distinguer le bien et le mal.

Chacun porte un surnom qui lui vient de ses parents ou de son propre fonds, d’après ses goûts particuliers ou ses occupations. Mais pour nous, la grand affaire et le grand nom, c’était d’être chrétiens et d’en porter le nom.

Homélie donnée à l’occasion de la mort de saint Basile (379) par saint Grégoire de Naziance

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