Chers Berislava, Celena, Loanne, Monni, Eliot, Jibrane et Paul, vous entendez comme nous ce long récit de la guérison de cet aveugle-né. Et comme beaucoup d’entre nous, peut-être qu’en ce temps ce Carême, vous vous identifiez à lui, à travers sa rencontre avec Jésus, la guérison de sa cécité, le témoignage qu’il rend à Jésus, et le fait même qu’il confesse sa foi à Jésus.
Restons un instant avec ce long passage de l’Evangile selon St Jean, où il est donc question de cet homme, de Jésus et des nombreux autres intervenants.
D’abord cet homme, qui n’a pas de nom, et ne semble pas non plus avoir d’âge, si ce n’est que ses parents sont encore présents. Il n’a rien demandé. Voici qu’il est rencontré Jésus un peu par hasard, alors que celui-ci sort du Temple. Là, au bord de la ruelle où il mendie et où il est connu, là la rencontre se fait promesse de guérison alors même que ni lui ni ses proches n’ont rien demandé à Jésus. C’est un peu comme David dans la 1ère lecture, qui au milieu de ses frères, sans rien n’avoir ni demandé ni revendiqué, se trouve investi de al dignité royale par le prophète. Nous sommes habitués dans l’Evangile à tant de miracles qui sont demandés à Jésus par le malade lui-même, ou par ses proches comme pour le paralytique de Capharnaüm ou la fille du fonctionnaire royal de Cana, ou la fille de Jaïre chef de synagogue.
Il n’attendait rien, ne demandait rien, et voici que Jésus fait irruption dans sa vie, pour lui donner une lumière, une plénitude qu’il n’avait jamais connue. Lui l’aveugle-né qui vit dans l’obscurité et avait du développé les autres sens, lui le voici plongé dans la lumière, celle qui fait voir toutes choses, celle qui entre en nous avec son cortège de couleur et de relief, celle qui donne un autre goût à la vie.
Remarquons que cette 1ère rencontre avec Jésus sera fugitive : quelques mots seulement, un peu de boue sur les yeux et cet ordre : va te laver à la piscine de Siloé. Il en faut peu, pour Jésus. Et il en faut peu pour cet homme qui obéit à l’ordre et descends se laver les yeux à la piscine. C’est dire sa confiance en la parole de celui qui a fait irruption dans sa vie.
Plus tard, il prendre même la défense de Jésus devant ceux qui viennent soupçonner le miracle ; plus tard, il confessera sa foi au Fils de l’homme, au Messie et se prosternera devant lui.
Il y a cet homme, et il y Jésus et son intention. Elle est explicite : c’est pour que les œuvres de Dieu se manifestent en cet aveugle. Jésus qui est à l’œuvre dans son ministère public a hâte que la puissance de Dieu soit dévoilée, quoiqu’il en coûte de la manière dont il est compris ou reçu. C’est qu’il est la lumière du monde, ne le dit-il pas ?
Nous l’avons entendu dans le prologue de l’évangile de Jean, au jour de Noël. Souvenez-vous : en lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes ; la lumière brille dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont pas arrêtée (1,4-5) ; e Verbe était la vraie Lumière, qui éclaire tout homme en venant dans le monde (1,9). Il est la lumière, il est lumière. Il y a 2 dimanches, nous avons contemplé cette lumière sur la montagne du thabor et dans 3 dimanche nous le contemplerons au matin de Pâques.
Dans un instant, chers catéchumènes, nous allons prier sur vous, en demandant que Dieu vous conduise à son Christ, lumière venue en ce monde ; qu’il ouvre votre cœur pour que vous reconnaissiez que Dieu et lumière et vérité ; mais aussi que vous soyez illuminés par l’Esprit et que vous confessiez toujours cet Evangile qui est salut et vie, et même que vous viviez de telle manière que vous soyez vraiment lumière du monde dans le Christ. C’est l’enjeu de votre baptême et c’est l’enjeu de toute votre vie.
Je vous le demande, priez également pour nous, les vieux baptisés, en demandant 3 choses au Seigneur :
D’abord, demandez que nous soyons toujours ouverts et disponibles à l’irruption du Seigneur dans nos vies. Nous vous envions un peu, alors que comme Obélix nous avons le sentiment diffus d’être tombé dans la marmite alors que nous étions petits. Vous nous rappelez que Jésus s’invite dans nos vies.
Ensuite, demandez que nous reconnaissions que le Seigneur est la lumière de nos vies, sans que nous ayons besoin d’aller chercher ailleurs. La tentation reste à portée de main, celle de neutraliser Jésus pour en faire un simple médecin qui nous guérit, ou un enseignant qui donne de bonnes leçons de vie. Non, Il rayonne et il est lumière, encore faut-il le reconnaître.
Enfin, demandez qu’avec vous, nous ayons l’audace de témoigner de l’action lumière et transformante de Dieu dans nos pauvres existences, en raison de cet Esprit qui illumine nos cœurs et de notre vocation à être lumière du monde et sel de la terre. Ce témoignage lumineux urge. Nous ne pouvons nous y soustraire.