Chers catéchumènes, en cette nuit sainte, nous venons juste avant l’Evangile de chanter l’Alleluia. Cet Alleluia, nous en avions jeûné tout le Carême pour qu’il éclate en cette nuit de Pâques, cette nuit de la délivrance et de la lumière, cette nuit de la Résurrection. Alors que dans quelques instants, vous allez être baptisés, plongés dans le bain de la nouvelle naissance, nous voulons chanter avec vous cet Alleluia de Pâques, pour qu’il résonne non seulement dans nos cœurs au terme de ce temps de Pâques, mais aussi dans nos yeux et nos oreilles, sur nos lèvres et par nos mains pour que nous devions des messagers de la joie pascale.
« Proclamez que le Seigneur est bon, éternel est son amour ». Notre chant de l’Alleluia commençait justement par ce verset du psaume 117. En cette nuit, il nous est donné de contempler cet amour éternel de Dieu qui vient au-devant de son peuple, de tous ses enfants. Il nous a créés par amour, et c’était déjà très beau. Il nous sauve par amour, et c’est encore plus beau. C’était une belle chose que vous soyez créés par Dieu, façonnés par lui dès le sein maternel. Jusqu’à ce jour, il n’a cessé de vous aimés comme créatures de sa bonté. Aujourd’hui, en cette nuit sainte de votre baptême, il vous manifeste son amour inconditionnel au point de faire de vous ses amis, et même plus, ses enfants, ses fils et ses filles adoptives. Il est bon, éternel est son amour.
Par cette eau que vous allez recevoir sur vos fronts, le Seigneur va vous manifester sa tendresse et son amour. Ce n’est pas la fin de votre catéchuménat, c’est le début d’une vie nouvelle, celle des enfants de Dieu, celle des membres vivants de l’Eglise qui est le Corps du Christ.
Il va vous laver et vous purifier, il va vous adopter, il va vous nourrir de son Eucharistie, ce pain de la route en attendant d’être pleinement associés à lui dans la gloire du Ciel, quand il voudra, comme il voudra.
Proclamez que le Seigneur est bon, éternel est son amour. Comme garder pour soi un tel amour qui nous aura transformer le cœur et nos existences ? comment garder pour soi Celui qui vous fait vivre et qui venu faire irruption dans vos vies au point, non seulement de le connaître, mais aussi de l’aimer et de le suivre pas à pas, jour après jour ?
Déjà, le pape François nous interrogeait tous en 2013 quand il disait : « Mais, quel est cet amour qui ne ressent pas la nécessité de parler de l’être aimé, de le montrer, de le faire connaître ? Si nous ne ressentons pas l’intense désir de le communiquer, il est nécessaire de prendre le temps de lui demander dans la prière qu’il vienne nous séduire. » (§ 264)
Chers futurs baptisés, ce soir vous voilà sans prévenir, comme investis de 2 missions. La première est de rayonner de ce que vous avez reçu : cette rencontre avec le Christ ressuscité, cette réponse d’amour qui sollicite également votre intelligence, cet amour inconditionnel de Dieu qui vient faire de vous ses enfants bien aimés. Mais il y a en a une seconde, si vous le voulez bien : d’attendre de nous, les vieux baptisés, que nous soyons au diapason de ce que nous célébrons et annonçons. Que nous-mêmes, nous laissions être rejoints par le Christ ressuscités, que nous répondions avec notre amour et notre intelligence, et que nous accueillons cet amour inconditionnel et notre condition d’enfants de Dieu.
Après le baptême de ces jeunes, chers amis, nous allons nous-mêmes professer notre foi. Au terme de notre Carême, et avant d’être aspergés par l’eau bénite, en mémoire de notre propre baptême, nous voici tous ensemble sommés de choisir, ou plutôt de rechoisir le Seigneur comme le Maître de nos vies. Je rejette le péché, je crois en Dieu Père, Fils et Esprit. C’est le moment fort de notre vigile pascale que ce choix que nous renouvelons.
Notre Carême n’a peut-être pas été ce que nous aurions voulu qu’il soit. Il a été ce que Dieu a voulu qu’il soit pour nous. Entraînés par ce Carême, entourant avec ferveur ces futurs baptisés, rechoisissons avec ferveur celui qui est bon, celui dont l’amour est éternel. Rechoisissons comme maître et comme ami Celui qui ressuscite et qui donne la paix et la lumière à tous ceux qui l’approchent. Alors avec ces nouveaux baptisés, avec toute l’Eglise, le Christ n’habitera pas seulement nos cœurs, mais aussi nos lèvres et nos mains. Avec joie et audace, nous proclamerons combien Dieu est bon, comment éternel est son amour.