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Suis-moi !

Wadi-Qelt.jpgUn détail ne vous aura pas échappé : le vert liturgique a fait son retour. Nous voici à nouveau dans ce temps ordinaire, après avoir célébré le mystère pascal et toutes les fêtes qui lui succèdent. Le vert de la lente croissante du Royaume de Dieu, le vert de l’espérance qui nous achemine peu à peu, ou plutôt pas à pas vers le Royaume. 

Justement, ce dimanche, il est question de chemin et de progression. Jésus marche vers Jérusalem. On dit même qu’il monte avec le visage déterminé. Il monte vers sa Passion, vers la Croix, vers son offrande volontaire, vers le but de son incarnation rédemptrice. Il connaît le terme de ce chemin et il le veut. Il y monte et il entraîne avec lui ses disciples, ceux qui ont entendu son enseignement et vu ses miracles. Il monte et il s’agit de le suivre sur ce chemin. 

Pour les premiers chrétiens, la manière de désigner leur appartenance au Christ était justement cette expression du chemin, de la Voie. L’expression ferait aujourd’hui un peu ésotérique ou sectaire. Mais il est beau de penser que nous sommes des disciples en chemin à la suite du Christ. Nous sommes à la suite de suivre qui nous entraîne vers le Père. Il est tantôt devant nous, tantôt au milieu de nous, en nous, tantôt derrière nous pour nous pousser. Qu’il soit béni.

Et voici ces trois hommes qui sont engagés avec lui dans ce chemin. Prenons le temps de les regarder, deux qui veulent suivre et un qui est  invité à cette suite de Jésus.

Le troisième semble généreux : « je te suivrai, mais… ». Il y a un préalable, il y a une condition, il y a une petite réserve qu’il a gardée et qui semble un obstacle pour le moment. Obstacle apparemment légitime, n’est pas le même que celui d’Elisée dans la 1ère lecture ? Ce « mais » semble être un obstacle à la suite inconditionnelle de Jésus. Et la remarque tombe, cinglante : Celui qui regarde en arrière, celui qui met des réserves ou des conditions n’est pas fait pour le Royaume de Dieu.. Suivre Jésus c’est signer un chèque en blanc.

Le deuxième veut remplir son devoir de fils en honorant la sépulture de son père. Tobie n’en faisait-il pas autant quand il enterrait les morts au risque même de sa réputation et de sa propre vie ? Pourtant, l’urgence est posée.  Il s’agit de choisir la vie. Laisse la mort derrière toi. Laisse toutes les petites morts derrière toi. Tu es fais pour la vie. Tu es fait pour suivre le vivant, même à travers sa propre mort. C’est la vie du règne de Dieu qui urge. La vie des pécheurs qui attendent un pardon, la vie des malades qui attendent une guérison, la vie des possédés qui espèrent une délivrance. Bref, la vie de tous ceux qui attendent le salut.

Le premier confesse généreusement qu’il ira partout où Jésus ira. Les disciples n’en diront-ils pas autant à la Passion : montons à Jérusalem pour mourir nous aussi avec lui… Mais peut-être que l’apparente générosité n’est que présomption. Tu veux me suivre, mais sais-tu bien où je vais ? As-tu compris ou réalisé que je n’ai d’endroit où reposer sa tête, tout au plus le linteau d’une Croix, où la pierre d’un tombeau. Partout où il ira ? En est-il encore sûr cet homme téméraire ?

Alors, comment comprendre cette exigence radicale que pose le Seigneur Jésus, au long de ce chapitre 9 ? Exigence de le suivre sans condition, en choisissant la vie et avec confiance ? Si nous écoutons cet Evangile, il n’est pas possible qu’il nous laisse tout à fait indemnes, qui que nous soyons. 

Il y a en nous quelque chose de ce troisième, qui exerce la patience de Dieu, alors que cela urge. Cœur lent et partagé, cœur double et nostalgique, cœur attaché à ce qui est vieux et connu, alors que ce qui est neuf et inconnu lui fait peur.

Il y a en nous quelque chose de ce second, qui n’entend pas l’imminence de l’appel du Christ à le suivre et à se mettre au service d’une vie plus grande que les petites morts quotidiennes.

Il y a en nous quelque chose de ce premier téméraire et présomptueux en nous, qui veut bien suivre Jésus, mais qui rebroussera chemin dès que cela ne sera plus confortable, dès que cette suite suppose une conversion : aller où Jésus veut nous emmener. Quand tu seras vieux,…

Prendras-tu avec courage la route du Christ, sans te soucier du respect humain, même dans ta famille, dans ton groupe d’ami, dans ton milieu professionnel. Prendras-tu avec courage la suite du Christ, qui t’appelle à infiniment plus que tu ne saurais te donner à toi-même ?

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