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« Les brebis écoutent ma voix »

7d0a7e504fa9eb08a77ed8b685755dbb.jpgCe 4ème dimanche de Pâques, c’est la figure du bon pasteur qui est proposée à notre méditation. Je ne sais pas vous, mais personnellement, je suis un peu frustré de ce court Evangile, extrait pourtant du chapitre 10 de St Jean, où le Christ se présente comme ce berger, ce pasteur qui guide son troupeau, et dont les brebis écoutent sa voix.

Les urbains que nous sommes, finalement peu avertis des choses de la terre et notamment de la réalité de l’élevage ovin, reçoivent cette image du pasteur et de son troupeau d’une oreille attentive sans doute, mais tout de même étrangère.

Ecoutons que la Bible connaît de nombreux pasteurs ou bergers : Abel, Abraham, Jacob, Moïse, David, Amos et tant d’autres. Elle connaît cette réalité de celui qui s’occupe de son troupeau avec soin et sollicite, mais aussi qui le fait fructifier pour en faire du commerce. Peu à peu naît dans la conscience biblique que c’est une belle image pour parler de la relation de Dieu avec son peuple Israël. Il est le berger d’Israël. C’est lui qui le guide et en prend soin. C’est lui qui le ramène quand il est égaré ou en danger.

Au cœur de cette évidence biblique, il y a le psaume 22 que nous avons si facilement sur les lèvres et dans le cœur. Le Seigneur est mon berger, je ne manque de rien. Quelle audace de pouvoir confesser cette confiance radicale : puisqu’il est mon berger, mon Seigneur, mon Maître et mon guide, alors je ne manque de rien. Et le psalmiste décrit cette douce gouvernance exercée par ce bon pasteur : sur des prés d'herbe fraîche, il me fait reposer. Il me mène vers les eaux tranquilles et me fait revivre ; il me conduit par le juste chemin pour l'honneur de son nom. Si je traverse les ravins de la mort, je ne crains aucun mal, car tu es avec moi : ton bâton me guide et me rassure.

Parce qu’il veut le bien de son peuple, il le mène et le protège, il pourvoit à ses besoins. Et même si le danger de la mort se présente, il est à ses côtés pour conduire et rassurer.

Entendons que Jésus est ce Bon Pasteur. Son ministère public témoigne de sa sollicitude envers toute détresse, toute infirmité. Il va chercher la brebis égarée pour la ramener sur ses épaules. Il marche tantôt devant son troupeau, tantôt au milieu, tantôt derrière. Devant pour guider, au milieu pour réconforter, derrière pour laisser le troupeau trouver son propre chemin. Pour les pasteurs que nous sommes, mais pour tous les pasteurs et bergers, quelle belle leçon !

Il me semble que l’Evangile apporte 2 nouveautés radicales à cette figure du pasteur, celle de l’Ancien Testament que le Christ accomplit.

La première est celle par laquelle il a commencé son enseignement : le bon pasteur donne sa vie pour ses brebis. Parce qu’il aime son peuple, parce qu’il veut son bien, il va jusqu’à déposer sa vie, la livrer. C’est ce que nous avons célébré dans cette semaine sainte. Il ne nous conduit pas de loin ni d’en haut. Il nous conduit de près en s’abaissant. Le Pasteur se fait l’Agneau, qui plus est un Agneau immolé. Nous comprenons mieux ce que l’Apocalypse veut nous dire dans cette vision : puisque l’Agneau qui se tient au milieu du Trône sera leur pasteur pour les conduire aux sources des eaux de la vie. Et Dieu essuiera toute larme de leurs yeux.

La seconde nouveauté est cette connaissance personnelle réciproque : le bon pasteur connaît ses brebis et elles écoutent sa voix. Être connu de Dieu, voilà ce qui peut nous émerveiller. Être connu de lui, mieux que nous ne nous connaissons nous-mêmes, parce que nous demeurons en partie voilés à nous-mêmes. Il nous connaît, et il nous aime, personnellement, un à un, chacun pour lui-même. Tu as du prix à mes yeux et je t’aime avait-il dit par la bouche du prophète Isaïe.

Et elles écoutent ma voix, ajoute-t-il. Parce qu’elles le reconnaissent comme leur Maître et Seigneur, leur bon Berger. Et c’est là qu’il nous faut nous interroger en ce dimanche. Le Bon Pasteur a-t-il des brebis ? A-t-il un troupeau qui le connaît et qui écoute sa voix ? Sommes-nous suis-je un disciple écoutant la voix du Maître ? Suis-je quelqu’un qui a pris la décision de mettre mes pas dans les siens ?

On peut et on doit prier pour des vocations dans l’Eglise. Mais la question n’est pas institutionnelle. Il ne s’agit pas de faire tourner la boutique. Il s’agit d’une question proprement spirituelle : est-ce que j’accepte de mettre ma confiance dans ce Maître aimant et exigeant à la fois, au point de l’écouter et de lui confier la gouvernance de ma vie ? Est-ce que j’accepte d’être enseignable ? D’être gouvernable ? D’être conduit sur les chemins par lesquels il veut me faire passer ?

Prions que le Maître donne des pasteur selon son cœur, et qu’il donne des brebis qui écoutent sa voix.

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