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Dieu nous a aimés le premier

image_previewChères Kenza, Manon, Chloé et Juliette, vous entendez ce matin cet Evangile où Jésus guérit un aveugle de naissance. Le voilà donc cet homme, apparemment exclu de sa famille, puisqu’il en est réduit à mendier. Le voilà donc, avec tout ce qu’on peut imaginer du drame de sa cécité. Il vit continuellement dans l’obscurité. Il a pu compenser en développant les autres sens, l’ouïe, le toucher, l’odorat. Ne voyant rien du monde qui l’entoure, aucune image n’a pu se former en lui. Et voici que sans rien demander, il est approché par un inconnu, dont il avait peut-être entendu parler. Sans rien demander, sans relation avec cet homme dont il découvrira peu à peu l’identité, il est guéri.

C’est que Jésus intervient gratuitement pour lui. Le discours initial avec les disciples indique même que la seule motivation de ce miracle est la manifestation du Christ comme lumière du monde. Il faut que les œuvres de Dieu se manifestent en cet homme. Il faut que la lumière resplendisse.

« La preuve que Dieu nous aime, c’est que le Christ est mort pour nous, alors que nous étions encore pécheurs » dit Saint Paul aux Romains. Et il est merveilleux de contempler cette initiative gratuite de Dieu. Il nous a créés sans rien nous demander. Il nous a aimé sans rien nous demander. Et il intervient dans nos vies. Il fait irruption dans nos existences, comme dans celle de cet aveugle-né.

Chères Kenza, Manon, Chloé et Juliette, je voudrais vous remercier d’être présentes au milieu de nous ce matin. Je ne connais pas votre parcours, mais je soupçonne que vous avez vécu quelque chose d’assez analogue. Sans demande particulière de votre part, le Christ s’est invité dans vos vies, d’une manière différente les unes des autres. Il a vous a attiré à lui, il a dévoilé quelque chose de ce qu’il est, de la manière dont il vous aime  et veut votre bonheur.

Je vous remercie, parce que vous nous permettez de mettre un visage sur cet aveugle-né, et peut-être un peu de l’envier. Pour la plupart d’entre nous, nous sommes des chrétiens Obélix, c'est-à-dire que nous sommes tombés dedans quand nous étions petits. Nous avons grandi dans la foi, grâce à des parents, des catéchistes, des éducateurs, des prêtres, des amis. Nous avons du renouveler à plusieurs reprises cet attachement de foi et d’amour. Chaque année, nous vivons ce Carême avec plus ou moins de ferveur, plus ou moins d’implication. Et nous arrivons à Pâques, joyeux d’être rendus participants de cette vie qui triomphe, de ce salut qui est donné. 

Mais vous nous rappelez que l’initiative du Dieu est première. Et l’apôtre saint Jean insiste dans sa 1ère lettre : « ce n’est pas nous qui avons aimé Dieu, mais c’est lui qui nous a aimés, et il a envoyé son Fils en sacrifice de pardon pour nos péchés… nous aimons parce que Dieu lui-même nous a aimés le premier »

Ce dimanche nous invite à continuer à contempler la figure du Christ : au désert alors qu’il est tenté au désert, au Thabor alors qu’il révèle sa gloire divine, au puits de Jacob avec la Samaritaine à qui il fait le don de la foi, et ici à Jérusalem où il ouvre les yeux de cet aveugle.

L’amour de Dieu nous précède. Il précède chacun de nos pas, chacune de nos existences. L’initiative de Dieu n’est pas seulement gratuite, ce qui est déjà merveilleux. Elle est première, pour les pécheurs et les ingrats que nous sommes. La première lecture nous parlait de cette initiative de Dieu à l’égard de David. Pourquoi lui plutôt qu’un autre ? Il n’y a pas de motif humain pour que celui-ci soit choisi plutôt qu’un autre de ses frères. Dieu veut manifester la radicale souveraineté de son amour.

Chères Kenza, Manon, Chloé et Juliette, soyez pleines de reconnaissance envers ce Dieu qui est venu à votre rencontre, qui s’est invité à la table de votre cœur et de vos vies. Soyez remplies de gratitude envers celui qui vous donne force et lumière, audace et joie. Il ne vous décevra pas. Pour l’heure, en ces dimanches de scrutins, il scrute vos cœurs pour y faire le ménage en attendant le moment où son Esprit viendra pleinement l’habiter. Ménage de printemps, opération vérité où tout ce qui vous arrache au monde d’avant est délié, c’est aussi un training spirituel où il nous entraîne et vous fortifie.

Et nous, nous vous accompagnons de notre prière. Nous aussi, nous avons besoin de nous souvenir que c’est l’amour de Dieu qui est premier. Nous aussi, il nous faut retourner le sablier pour recevoir cette antécédence qui nous libère et nous sauve. Et nous en avons grand besoin, pour éviter de nous croire à la source de notre bonheur, pour éviter de penser que nous allons nous sauver nous-mêmes, pour chasser de notre esprit l’idée que nous sommes tout puissants, et surtout pour entretenir en nous l’humilité des enfants de Dieu, celle qui nous faits avancer sur le chemin de nos vies comme des pécheurs aimés et pardonnés.

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