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« Ce ne sera pas aussitôt la fin »

the-matrix-4-officially-happening-with-keanu-reeves-carrie-a_athv.1280.jpgVous allez sans doute quelquefois au cinéma, en choisissant des films selon vos goûts. Je ne sais si vous appréciez le cinéma américain, et notamment ce cinéma de style apocalyptique. Plus de 300 films ces 15 dernières années.

Le scénario est souvent le même : on suit un individu ou un groupe ou ne famille pris dans une catastrophe d’ampleur. Cela va de la tour en feu ou du bataille à la dérive jusqu’à la catastrophe nucléaire, climatique.

Au milieu de tout cela, il y a le héros. Qui n’est pas toujours le plus fort ou le plus compétent. Mais le héros va inverser la menace. Il va réussir à faire traverser l’épreuve apocalyptique à ce petit groupe, voire à sauver toute l’humanité. Bref, c’est le héros.

Ce cinéma apocalyptique a un certain succès commercial, peut être parce qu’il flirte avec nos angoisses les plus profondes, et finalement de plus en plus réelles. L’happy end, la fin heureuse, nous distraie de nos frayeurs quotidiennes. C’est une belles catharsis. Et nous pouvons ensuite retourner à notre réalité, rassurés, voire rassérénés.

Jésus n’est pas un scénariste de film américain. Mais pourtant il annonce dans l’Evangile de ce dimanche un scénario apocalyptique, scénario assez courant dans ce 1er siècle : la fin du Temple, les guerres, les catastrophes cosmiques, les persécutions et même les déchirements familiaux les plus violents. Le tableau est de fait assez effrayant à première vue. Il l’est pour cette première génération, celle des auditeurs de Jésus, comme pour la génération des destinataires de l’Evangile de saint Luc. Et du reste, aucun moment de l’histoire depuis 2000 ans n’est en reste de ce point de vue. Toutes les générations ont pu lire le tableau qu’ils avaient sous les yeux à la lumière de cet Evangile qui semble si intemporel, ou plutôt justement de tous les temps. Ce tableau a pu alimenter toutes les peurs, mais aussi toutes les illusions, ou encore donner du grain à moudre à tous les prophètes de malheur.

Pourtant, au milieu de ce fatras, le Christ nous livre 3 leçons que je vous laisse.

« Ne marchez pas derrière eux ». Le Christ nous invite à ne pas nous laisser berner par tous ceux qui semblent parler en son nom, qui sont des prophètes de mauvais augures, qui semblent interpréter mieux que quiconque les signes des temps. Le Christ semble se faire discret, caché. Il est plus dans le silence que dans le bruit. Comme Dieu devant Elie à l’Horeb, le Messie n’est pas dans le feu, le tonnerre, les éclairs et l’ouragan. Il n’est pas dans ce chaos apocalyptique, ou pour prendre un mot à la mode dans le collapse à venir. « Si l’on vous dit : ‘voyez il est ici, il est là, n’y allez pas, n’y courrez pas »

« Ne soyez pas terrifiés ». Le discours du Christ se fait réaliste. Il ne cache pas la réalité d’une vie qui n’est pas un long fleuve tranquille. De fait, il y a les guerres, les catastrophes naturelles. De fait, il y des violences, des persécutions. On pourrait être étonner que le Christ se fasse lui-même prophète de ces réalités apocalyptiques. Mais, le Christ n’annonce pas le Royaume des Bisounours. Il n’annonce pas la fin de pluie, mais il donne des essuie-glaces qui permettent d’avancer. La confiance en lui sert à avancer dans ce climat si sombre. Confiance dans sa présence dans la nuit. Confiance en lui qui a traversé ces épreuves et qui les traverse avec l’humanité en marche. Toutes nos peurs minent notre confiance. C’est sans doute pour cela qu’il nous exhorte à ce courage

« C’est par votre persévérance que vous sauverez votre vie ». Confiance et persévérance. Persévérer c’est avancer, un pas après l’autre, malgré ce fatras, malgré tout ce qui nous encombre intérieurement ou extérieurement. Persévérer, c’est éprouver la fidélité au quotidien, c’est dire se fier plus aux moyens qu’au résultat. Pas facile dans une société où l’on change de chemin dès que les premiers résultats attendus ne sont pas au rendez-vous.

Ce qui est en jeu ici, me semble-t-il, c’est bien notre constance, notre persévérance à l’attendre, à l’annoncer, à célébrer notre relation avec ce Dieu trois fois saint qui nous aime et nous sauve. Nous sommes loin du héros des films américains dont je parlais tout à l’heure. Il ne s’agit pas d’être des héros, il s’agit d’être des disciples du seul Maître, des enfants aimés du Père, des serviteurs de son Royaume.

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