UA-63987420-1

Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Jésus a annoncé le Royaume, et c'est l'Eglise qui est venue

Je commence donc par un détour, celui de cette citation qui peut être un peu surprenante en ce jour de l’Ascension. Mais c’est un enseignant de l’Institut Catholique de Paris, l’abbé Alfred Loisy, qui écrit cela dans un livre célèbre paru en 1902. Je dis célèbre parce qu’il avait été condamné pour modernisme. La citation est célèbre également, mais plutôt pour l’utilisation par les anticléricaux de tous bords pour dénoncer ce que l’Eglise aurait pu détourner, kidnapper du lumineux message du Christ concernant le Royaume. Jésus oui, l’Eglise non.

Loisy n’ pas du tout cette intention. Il veut dire que l’Eglise est venue pour s’approprier le Royaume, pour l’annoncer, pour l’interpréter, un peu comme on interprète la partition écrite par un compositeur. Il affirme qu’il fallait l’Eglise pour donner forme et moyens à cette annonce du Royaume que le Christ a déployé pendant tout son ministère public, par sa Passion et sa Résurrection. Il fallait que l’Eglise donne corps au Royaume. Bref, l’Eglise est venue pour nous donner la foi et nous introduire dans le Royaume.

Pardon pour ce détour mais qui nous ramène à la fête de ce jour, où le Christ quitte ses disciples en leur promettant non seulement d’être avec eux tous les jours jusqu’à la fin des temps, mais aussi qu’il leur enverra l’Esprit Saint pour les assister, les habiter pour cette nouvelle étape, celle de l’annonce et de la mission, celle où justement ils vont donner forme et corps au Royaume.

L’Ascension, c’est donc tout à la fois la fête du Corps qu’est l’Eglise naissante qui va donner forme au Royaume, et la fête de la Tête, le Christ qui entre le premier dans la plénitude du Royaume. C’est la fête de ce Corps vivant qui est la présence sacramentelle du Royaume ici bas, et la fête de la Tête qui vit dans la plénitude achevée, au ciel, à la droite du Père, selon les mots qui nous sont donnés.

La préface qui va être chanter tout à l’heure nous donne une clé précieuse : « il ne s’évade pas de notre condition humaine : mais en entrant le premier dans le Royaume, il donne aux membres de son corps l’espérance de le rejoindre un jour ». La tête qui entre la première dans la plénitude du Royaume donne aux membres de son corps l’espérance d’être associés à cette plénitude.

Cela veut donc nous dire que nous ne sommes pas des simples spectateurs badauds de cette belle fête, comme des témoins d’un feu d’artifice qui rentrent chez eux des étincelles dans les yeux et tristes de cette fin si belle mais si rapide. Nous sommes des participants. Le Christ nous rend participants de cette entrée dans le monde nouveau, dans le Royaume à venir.

Dans le bel évènement d’une naissance, la tête de l’enfant qui apparaît entraîne ensuite tout le corps. Nous sommes ce corps qui est enfanté à la vie nouvelle dont laquelle le Christ entre aujourd’hui. Nous pourrions être tristes de ce départ, de cette absence. Mais il s’agit plutôt de se réjouir d’un pèlerinage qui nous entraîne et nous sollicite.

« Il donne aux membres de son corps l’espérance de le rejoindre un jour ». L’espérance est une vertu déposée en nous. Comme une petite flamme vacillante sur laquelle il faut veiller, notamment quand les évènements de la vie la mettent en danger et la menacent. Aujourd’hui est ranimée en nous cette espérance de le rejoindre un jour. Un jour… Quand ? Comment ? N’en demandons pas trop. Pour le moment, accueillons cette flamme de l’espérance de ce jour où nous entrerons dans la plénitude du Royaume.

En rentrant chez vous, vous pourrez écouter le petit Oratorio de Bach pour l’Ascension. Le texte du choral final pourra donner d’autres mots à cette espérance. Alors uni à la Tête du Corps qui est le Christ vous pourrez dire vous aussi :

Wenn soll es doch geschehen,
Wenn kömmt die liebe Zeit,
Daß ich ihn werde sehen,
In seiner Herrlichkeit?
Du Tag, wenn wirst du sein,
Daß wir den Heiland grüßen,
Daß wir den Heiland küssen?
Komm, stelle dich doch ein!

Quand cela se produira-t-il donc,
Quand viendra l'heure très chère
Où je le verrai
Dans sa splendeur ?
O jour, quand seras-tu là,
Jour où nous pourrons accueillir le Sauveur,
Jour où nous pourrons embrasser le Sauveur,
Arrive donc, présente-toi.

Écrire un commentaire

Optionnel