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Je vis la Ville sainte

mauerk10.jpgSi vous le permettez, en ce 6ème dimanche  de Pâques, je voudrais passer du temps avec cette belle lecture de l’Apocalypse que nous venons d’entendre. C’est la dernière page de nos Bibles. C’est le dernier chapitre du dernier livre de la Bible. Elle avait commencé par le tableau de la création, le jardin du Paradis et le drame initial avec le péché et le départ du paradis. Et voici en cette fin de la Bible, la vision d’une création nouvelle, un ciel nouveau, une terre nouvelle et cette ville sainte qui descend du Ciel.

Quelle vision magnifique ! On sent que l’apôtre Jean, le visionnaire de l’Apocalypse a été ébloui par cette contemplation. Une ville sainte et parfaite ! Une ville parfaite dans son architecte avec ses portes, ses décorations et ses ornements. Une ville sainte où le deuil, la souffrance, les larmes et la mort ont disparu. Une ville habitée par Dieu sans qu’il n’y ait plus besoin d’un sanctuaire spécifique, puisque Dieu y a fait sa demeure (et l’Evangile vient expliquer cela). Une ville qui n’a même plus besoin de la lumière du soleil, de la lune ou des étoiles, parce que l’Agneau est sa lumière. Une ville où sans doute, même les relations humaines sont parfaites, apaisées : plus de mensonge, plus de crimes, plus de vol, plus de guerres. Voici donc cette belle Jérusalem céleste qui vient d’en haut.

Cette lecture nous est donnée ce dimanche, presque au terme de notre temps pascal. Encore 2 semaines quand même avant la Pentecôte. Et il nous est bon de voir le terme de notre chemin. Le livre de l’Apocalypse a souvent une réputation un peu catastrophique avec ses destructions, ses cataclysmes, une certaine fin du monde. Pour les premiers chrétiens, les destinataires de ce livre, c’est sans doute cela qu’ils avaient sous les yeux, en subissant des persécutions violentes et rarement égalées. Ce livre leur apporte une espérance dans l’issue de leur épreuve. Pour eux comme pour nous, il s’agit d’entendre que le Royaume de Dieu n’est pas de ce monde. Une cité céleste est à attendre. Nous sommes citoyens des cieux.

Mais nous entendons cette lecture en ce dimanche de scrutin européen.  Et voilà qui semble bien contradictoire. L’Ecriture nous annonce une cité parfaite, une création nouvelle. Et nous avons sous les cieux des régimes, des institutions, l’organisation de cités et de pays qui reste mêlées, de projets, de réussites et d’échecs, qui restent bien imparfaites, humaines, quelque fois trop humaines.

Comme disciples du Christ, nous sommes fortement sollicités quant à l’annonce et à la croissance du Royaume de Dieu. Ce Royaume concerne tant et tant d’aspects de notre vie personnelle, familiale, sociale et politique. Et la foi nous rappelle que, si nous sommes citoyens des Cieux, nous sommes des hommes et des femmes qui avons à vivre et à œuvrer ici et maintenant.

La trame de toute la Révélation dans la Bible est de nous faire passer du jardin du Paradis à cette Ville sainte, cette Jérusalem Céleste qu’il s’agit d’espérer. Entre temps, nous sommes attendus dans notre soin de la cité terrestre, de notre maison commune, que nous avons à garder, préserver, entretenir, mais aussi développer. Nous en sommes responsables et notre engagement réel est fortement sollicité. Même si cela reste imparfait et limité, notre contribution et notre engagement contribueront à cette lente maturation du Royaume de Dieu. Et je le rappelle : cela concerne tout aussi bien la dimension personnelle que familiale, ou sociale ou même politique au sens large du terme.

La Ville sainte, la Jérusalem céleste descendra du ciel. Mais la Ville d’ici bas, nos Jérusalem terrestres, celles de nos familles, celles de nos quartiers, celles de nos villes ou de nos pays ne se feront pas sans nous. Sans nostalgie du paradis perdu. Sans désespérance pour ce lent pèlerinage terrestre où le bon grain et l’ivraie qui restent mêlés.

Nous avons une grande leçon d’espérance pour ce pèlerinage terrestre. Celle que le Seigneur vient habiter au milieu de nous. Il vient demeurer chez nous. Pas dans un temple fait de main d’homme. Mais en nous. « Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole ; mon Père l’aimera, nous viendrons vers lui et, chez lui, nous nous ferons une demeure. » Le Christ nous l’assure de façon si ferme et si belle. Comment en douter ? Comment s’en passer ?

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