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Il y eut un soir, il y eut un matin

il y eut un matin.jpgAu début de cette célébration, après être entrés dans cette église, nous avons entendu le long et si beau récit de la création. Et à 7 reprises, ce refrain a scandé le rythme de cette lecture où l’auteur du livre de la Genèse brosse ce tableau de la Création. Premier jour, Deuxième jour… jusqu’au 7ème jour. Il y eut un soir, il y eut un matin.

A bien y regarder, l’expression peut être un peu étrange pour nous. Je ne sais pas si vous êtes du soir ou du matin, mais ordinairement, nos journées commencent le matin, et pas le soir. Elles commencent avec ce miracle de chaque jour où nous sommes redonnés à nous-mêmes, où nous nous levons remplis d’énergie et d’espérance pour cette nouvelle journée. Il y a aussi des jours et des moments de la vie où les matins sont plus rudes, plus délicats, plus difficiles. Mais le matin, nos matins tels qu’ils sont, restent un commencement. Et puis vient la journée avec ses joies et ses peines ; et ensuite  le soir, avant le repos ou les angoisses de la nuit. Voilà un cycle qui, inlassablement, jour après jour, nous fait passer du matin au soir, de la vie à la mort. C’est le cycle de nos vies. C’est le cycle naturel de nos existences.

Dès la première page de la Bible, le Seigneur nous annonce que ce cycle n’est ni fatal, ni irrémédiables, puisqu’il en annonce un tout autre qui resplendit en cet instant d’une clarté nouvelle. « Il y eut un soir, il y eut un matin ». Ce soir, nous entendons que tout commence dans le soir, pour s’accomplir, s’épanouir dans le matin. Et voilà une bonne nouvelle qui explose en cette nuit sainte

Nuit de vrai bonheur, venons-nous de chanter. Nuit qui nous rend à la grâce et nous ouvre à la communion des saints. Nuit qui dissipe la haine, qui dispose à l’amitié. Nuit où le ciel s’unit à la terre. Nuit où l’homme rencontre Dieu. Cette nuit de Pâques n’est pas une nuit comme les autres. C’est une nuit où le temps est comme bouleversé, converti, comme un gant que l’on retourne. La nuit n’a pas le dernier mot, elle ouvre sur le matin.

Dieu sait que nous connaissons des nuits qui, en plus, semblent ne jamais finir. Les nuits de l’épreuve et de la souffrance. Les nuits d’inquiétude et de ressentiment. Les nuits de haine et de violence. Les nôtres et celles de nos proches, celles que nous voyons ou pressentons autour de nous. Toutes ces nuits sans issue. Toutes ces nuits dont nous voudrions hâter la fin par nous-mêmes, mais en vain. La bonne nouvelle de ce soir est la suivante : aucun nuit n’a le dernier mot. Aucune nuit, je dis bien aucune nuit, n’est exclue de cette promesse, de cet embrasement dont Dieu seul est l’artisan, parce qu’il l’a inscrit dans la réalité de l’histoire, dans la nuit du tombeau et le matin de la Résurrection.

En cette nuit sainte, en cet instant, Dieu manifeste une lumière que lui et lui seul pouvait apporter. Il y eut un soir, il y eut un matin. En cette nuit sainte, toutes nos nuits sont comme éclairées par la lumière de ce cierge pascal, par la lumière incandescente de l’évènement de la Résurrection. Toutes nos nuits sont habitées et irradiées par la présence du Christ ressuscité. En cette nuit sainte, nous accueillons  cette extraordinaire réalité à laquelle nous nous sommes peut être habitués. Après tout Pâques revient tous les ans… Et finalement après la pluie, c’est toujours le beau temps… Et finalement, à quoi bon… A quoi bon attendre… Que pourrions-nous encore attendre…

Chers amis, en cette nuit sainte, malgré la nuit, nous avons reçu le témoignage des saintes femmes qui ont découvert au petit matin le tombeau vide. Et déjà, se rappelant toutes les paroles que le Christ leur avait dites, voilà leur cœur et leur esprit embrasés de cette lumière de la résurrection. « Il est ressuscité ! » C’en est fini de l’hiver et de la nuit. C’en est fini du monde ancien. C’en est fini : tout a la saveur d’une vraie nouveauté en cette nuit sainte.

Peu importe que les apôtres soit encore enténébrés, qu’ils n’accueillent pas encore pour le moment l’incandescence des propos de ces femmes, elles qui sont pourtant les premières messagères, les premières porte flamme de cette fin de la nuit. Peu importe que Pierre, voyant les lignes au tombeau, s’en retourne auprès des autres, étonné, seulement étonné. Pour lui, comme pour les 10 autres, comme pour chacun de nous, le temps viendra d’entrer entièrement dans la vive lumière de ce matin nouveau ;

Il y eut un soir, il y eut un matin. Aujourd’hui, tout est grâce. Tout est don gratuit de Dieu. La lumière de cette nuit. L’eau qui nous régénère. Le pain qui nous nourrit, et l’amour ! L’amour qui nous est puissamment redonné. La longue semaine est finie. Celle de la semaine sainte, celle du Carême. L’hiver est passé. C’en est fini. Aujourd’hui, avec toute l’Eglise, nous entrons dans le Jour du Seigneur. Nous nous en souviendrons chaque dimanche à venir. Aujourd’hui Dieu a le dernier mot. Et c’est le premier qui est prononcé sur nous : Je suis avec toit tous les jours jusqu’à la fin des temps !

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