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Qui perd gagne

images?q=tbn:ANd9GcQDxFG3pjljdhglRWkZ9N5aTOCCggsF73HvsHu71S6KXBKlWdX7Je ne sais pas si vous aimez jouez. A la pétanque, à un jeu de cartes ou de plateau, à un sport collectif. Et je ne sais pas si aimant jouer, vous aimez gagner. Gagner c’est un peu l’appât du jeu. Personnellement j’aime jouer, un peu parce que j’aime gagner. On gagne en étant le premier, en ayant le maximum de points, en ayant éliminé ses adversaires. On gagne en faisant gagner ses équipiers, ou son leader. C’est vrai dans le jeu, mais c’est vrai dans plein d’autres domaines de nos vies. On veut faire gagner ses idées, son leader politique ou syndical. On veut faire gagner son entreprise. Bref on joue à qui gagne, gagne.

Mais il y un autre jeu, où la règle est inversée. Qui perd gagne. On alors complètement à rebours. Il faut perdre le premier, le plus tôt. Il faut être le dernier.

Le Christ ne joue pas, mais pourtant il annonce bel et bien dans l’Evangile de ce jour qu’il va perdre. Et comme les disciples et les foules, vous l’avez entendu de vos oreilles : « ». Il faut que le fils de l’homme souffre beaucoup, qu’il soit rejeté par les anciens, les grands prêtres et les scribes, qu’il soit tué, et que, trois jours après, il ressuscite « . Une grande part de la mission divine du Christ est résumée dans cette formule. Pour gagner, il faut qu’il perde. Qu’il perde sa vie. Qu’il échoue aux yeux des hommes et notamment aux yeux et aux oreilles de ses disciples. Il doit être englouti dans le rejet, dans la souffrance et dans la mort, pour ressusciter le troisième jour.

Il faut qu’il perde sa vie pour plusieurs motifs. D’abord par amour (« il n’est pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime »). Egalement par offrande de soi («  ma vie, nul ne la prend, mais c’est moi qui la donne »). Mais aussi par obéissance (« non pas ma volonté, mais la tienne »).

Nous connaissons bien ce cœur de notre foi au Christ. C’est ce que nous célébrons chaque année dans la longue semaine sainte, dans cette belle montée vers Pâques. Et la première lecture, tirée d’un chant du serviteur du prophète Isaïe nous en dévoile à nouveau l’aspect prophétique : « je ne me suis pas dérobé.     J’ai présenté mon dos à ceux qui me frappaient, et mes joues à ceux qui m’arrachaient la barbe. Je n’ai pas caché ma face devant les outrages et les crachats ».

Seulement voilà, Pierre ne l’entend pas du tout de cette oreille. Il refuse de jouer à qui perd gagne. Il s’est mis à la suite de quelqu’un qui l’a appelé, dont il a perçu l’origine et la mission divine. Il a été témoin des miracles, des exorcismes, des enseignements, et même du succès de Jésus. Pensez-donc les foules qui suivent Jésus !

Et à la question : « pour vous qui suis-je ? ». La réponse monte avec vigueur : Tu es le Messie. Tu es le libérateur. Tu es le Messie triomphant attendu par Israël. Et cette réponse de Pierre pourrait être la nôtre. Un leader doit gagner. Celui pour lequel on a donné sa vie, celui pour lequel on a tout quitter doit gagner. Il faut que cela ait un sens, et un sens positif.

Non, Pierre ne l’entend pas de cette oreille. Et le reproche se fait violent à l’égard du Christ. « Cela ne t’arriveras pas ». Impossible de jouer à qui perd gagne. Et jusqu’à la Passion Pierre aura du mal à regarder le Christ comme ce Messie souffrant qui entre dans une Passion volontaire. Au jardin de l’arrestation, il y aura les épées pour défendre Jésus. Dans la cour du grand prêtre il y aura les reniements. Pierre ne l’entend pas de cette oreille. Il ne connaît pas Jésus souffrant. Il ne connaissait que le Jésus triomphant.

Donc il s’agit de perdre. Et cette altercation violente entre Pierre et son Seigneur nous est précieuse par l’enseignement que le Christ nous livre : « Si quelqu’un veut marcher à ma suite,  qu’il renonce à lui-même,  qu’il prenne sa croix  et qu’il me suive ». La suite du Christ n’est pas aussi confortable que nous pourrions l’imaginer ou le souhaiter. Elle supposera un certain décentrement pour ne plus être au centre de nous-même mais lui laisser la place. Elle supposera un souci des autres qui guérit la sourde promotion de soi qui nous habite. Elle supposera de perdre sa vie dans le détail comme disait le P. Christian de Chergé qui sera bientôt béatifié.

Nos vies sont des vies données, d’une manière ou d’un autre. Données dans le travail, données dans nos familles, données dans des gestes concrets de charité et de service. Par beaucoup d’aspects, nous avons déjà perdu ce que nous avons donné. Et ce n’est pas sans recevoir en retour. Par cet Evangile, le Christ nous invite à un plus : « celui qui perdra sa vie à cause de moi et de l’Évangile la sauvera ». Bonne rentrée dans cet esprit

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