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Il est venu chez les siens et les siens ne l’ont pas reçu

d3460e5f95c31eb750e857b5431ba.jpgVous connaissez cette citation du prologue de St Jean. Nous l’entendons chaque année au matin de Noël quand nous méditons cette manifestation du Verbe incarné dans la personne de Jésus.

Les siens ne l’ont pas reçu. C’est bien le climat de l’Evangile de ce jour. Après des premiers dé »buts assez prometteurs, la route de la prédication du Royaume ramène Jésus à Nazareth. Mais surtout il est précédé d’une réputation qui semble l’auréoler : le grand prophète qui a un discours de sagesse, le thaumaturge qui fait des guérisons.

La déception est grande puisque les siens, les siens au sens propre, ceux de sa famille élargie, les frères et les sœurs au sens oriental, les siens donc ne le reçoivent pas. Une autre fois, on dira qu’il a perdu la tête, manière délicate de neutraliser son discours et son action. Ici, on émet un doute pernicieux : d’où cela lui vient-il ?

La question est pernicieuse. La sagesse qui sort de sa bouche, la réalité des miracles qui sortent de ses mains ne sont pas mis en cause. Mais l’origine de cette sagesse et de ses miracles est discréditée. Manière subtile mais ô combien efficace de le discréditer, de le congédier, de neutraliser l’impact de ce qu’il fait et dit.

Ils ont purement et simplement neutralisé la foi en eux. La foi naît de l’écoute, mais elle naît ensuite d’un accueil hospitalier du cœur à ce qui est vu et entendu. De sorte qu’elle provoque cet assentiment profond qui faire dire oui. Oui a priori, et non pas un oui mais. Oui du fond du cœur, et non pas un oui du bout des lèvres. Oui mais si tout n’est pas compris, assimilé et non pas un Oui qui mettrait la compréhension préalable comme condition.

« Il est venu chez les siens et les siens ne l’ont pas reçu ». On pourrait prendre cette scène comme relativement anecdotique. Après tout, il est allé ailleurs,, et il ira ensuite plus loin : le reste de la Galilée, la Samarie, Tyr et Sidon, le pays païen de la décapole, et surtout la Judée et Jerusalem. Et lui-même aura prévenu ses disciples envoyés en mission : « Si l’on ne vous accueille pas et si l’on n’écoute pas vos paroles, sortez de cette maison ou de cette ville, et secouez la poussière de vos pieds » (Mt 10,14)

Seulement voilà, le drame de Nazareth préfigure le drame de Jérusalem, quand les foules l’auront quitté parce que ces paroles sont trop dures, quand les disciples eux-mêmes seront dans la nuit de leur fidélité au Maître. Le drame de Nazareth annonce le tragique de la mission du Christ : il est venu chez les siens et les siens ne l’ont pas reçu.

Ils ne l’ont pas reçu, parce qu’au fond, leur foi n’a pas consenti à l’identité de celui qui se présentait à eux. Là où le Fils du Dieu vivant parlait, agissait, consolait, exorcisait, guérissait, ils n’ont regardé que le fils de Marie, le charpentier, celui qu’ils croyaient connaître et reconnaître. Parce qu’ils étaient près de lui, ils ont regardé trop bas t l’ont accueilli pour ce qu’ils croyaient connaître de lui.. Ceux qui sont plus loin le verront avec plus de clairvoyance spirituelle et l’accueilleront pour ce qu’il est.

La foi nous fait regarder loin et profondément dans la personne de Jésus, qui ne se réduit jamais à ce que nous croyons savoir. Nous sommes peut-être comme ces habitants de Nazareth qui croyons connaître Jésus, parce que nous avons lu quelques pages de l’Evangile qui reviennent tous les ans ou tous les 3 ans.

Mais la personne du Christ n’est pas comme les personnages de Harry Potter ou d’Agatha Christie. Le Christ ne se donne pas seulement dans un récit évangélique, que nous ne connaissons que très mal, reconnaissons-le humblement ce dimanche. Le Christ se donne à connaître de manière plaine et entière. Il se donne à rencontrer et cette rencontre est une rencontre de foi. Oui Seigneur, je le crois tu es le Messie, le Fils du Dieu vivant.

Je n’aurai jamais fait le tour de sa personne. Et d’ailleurs, ce n’est pas le propos. Le Christ n’est pas une énigme à déchiffrer, mais une lumière éblouissante que j’entrevoie, qui m’éclaire et me donne de voir toutes choses dans sa clarté.

Ce dimanche pourrait être le dimanche de la foi, de notre foi. Une foi vive et agissante, une foi simple et accueillante, une foi qui sait écouter et répondre avec cœur : tu es Dieu, tu es mon Dieu.

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