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Les semailles et la croissance

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« Le Règne de Dieu est comme un homme qui sème, comme une graine de moutarde »

Après plusieurs mois d’interruption, nous reprenons le cycle du temps ordinaire, le temps de l’année. Nous sommes entrés en Carême, puis la Semaine Sainte, et ce beau Temps Pascal, et puis les grandes fêtes que sont la Pentecôte, la trinité, el Saint Sacrement et le Sacré Cœur. Et nous voici rendus à la reprise de ce temps ordinaire avec cette couleur verte des ornements des prêtres. Et peut être que les lectures de ce dimanche vont nous faire regarder cette couleur verte d’une autre manière, je m’explique.

L’Evangile de ce dimanche, est tirée du cursus de l’Evangile selon saint Marc. Le Christ y parle en parabole. Aux disciples, il explique tout, mais aux foules, il parle en images, en petites histoires, en des paraboles qui ne vont pas tout dire, mais qui vont donner des éléments suffisamment imagés pour nous aider à comprendre.

Et les paraboles de ce dimanche les voici : celle des semailles, et celle de la croissance. Curieuses paraboles que celles-ci au moment où les blés commencent à mûrir dans les champs et où les vignes voient déjà leurs grappes se former. Curieuses paraboles pour un dimanche de fête, un dimanche de fin d’année pastorale à l’heure des bilans avant la pause de l’été et la reprise en septembre. Les semailles et la croissance.

Il est question de cet homme qui sème et qui se contente d’attendre que la semence pousse, sans son travail, ni son intervention, ni même qu’il comprenne comment cela pousse. Il est question de cette petite graine de moutarde qui pousse pour devenir la plus grande des plantes du jardin. J’en retiens 3 leçons pour ce dimanche.

La première leçon est d’importance pour notre dimanche de fête de la paroisse. Il est plus important de semer que de récolter. Comment pour une autre parabole du semeur dans l’Evangile, il semble que dans la bouche du Christ, le geste du semeur a une grande valeur : il sème à tout vent. Il sème largement, généreusement. Et ensuite il fait confiance au temps, à la Providence, à la force de vie qui se déploie malgré lui, sans même son intervention et ses velléités de toute puissance.

Il nous faut nous réjouir que la Parole de Dieu soit semée dans cette paroisse. Semée chaque dimanche et même chaque jour. Semée dans les différentes rencontres de catéchèse, d’aumônerie, dans les préparations de baptême, de mariage ou de funérailles. Semée dans les différentes groupes, et dans toutes les rencontres informelles. Du coup, l’importance des semailles implique notre propre responsabilité. Il nous faut avoir comme souci constant ce geste large et généreux du semeur qui ne se regarde pas, qui n’attend pas les résultats de la moisson pour savoir comment semer, qui n’a même pas à essayer de comprendre comment cela pousse ou germe. Il sème et cela lui suffit.

La deuxième leçon est tout autant d’actualité. C’est celle du détachement, de la liberté intérieure. Le Royaume de Dieu pousse quoi qu’il arrive, et c’est très réconfortant. Il pousse et grandit indépendamment de nos projets, de nos talents, mais aussi de nos défauts, de nos erreurs, nos imperfections, de nos tiédeurs ou de nos gesticulations.  Il pousse que nous le voyons ou non. Il pousse là où nous avons semé, et il peut pousser ailleurs.

Nos projets pastoraux sont légitimes. Et il nous faut mettre notre énergie commune à essayer d’annoncer le Royaume de Dieu dans ce quartier, auprès des familles, des étudiants qui habitent notre quartier. Il nous faut être attentif à la communauté paroissiale qui se réunit si régulièrement. Mais au final, l’œuvre de croissance du Règne de Dieu nous dépasse. Et il est bien qu’il en soit ainsi, cela nous rappelle que nous sommes les uns les autres des serviteurs du Royaume, des ouvriers dans la vigne et la moisson du Seigneur qui reste le Maître. Qui que nous sommes, nous sommes et restons des serviteurs. Détachement donc.

Enfin la troisième leçon est de se réjouir. Se réjouir des fruits du Royaume tels qu’ils nous sont donnés déjà dès maintenant. La graine de moutarde qui pousse de façon si ample doit donner beaucoup de joie et d’agréments à tous ceux qui viennent s’y abriter. Ce peut être aussi notre joie. La joie d’être rassemblés sous les branches de l’arbre de la Croix. La joie d’être invités à ce festin de l’Eucharistie. La joie de Dieu de voir ses enfants rassemblés. La joie de goûter déjà quelque chose de la moisson

Ainsi donc ce vert peut s’éclairer de façon nouvelle ce dimanche, en attendant que la fin de l’année liturgique vienne l’illuminer complètement à la fête du Christ Roi. Ce sera donc le vert des semailles et de la croissance. Ce sera le vert du détachement et de la liberté intérieure. Et ce sera déjà un peu le vert de la joie finale qui nous est donnée dès maintenant. Vive le vert 

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