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Puisque l’Esprit est votre vie, laissez-vous conduire par l’Esprit

Pentecote_-_C_ElGreco_1597_645x286.jpg?fit=645%2C286Je vous raconte une histoire. Dans l’Eglise orthodoxe russe, il y a un saint très connu, Saint Séraphin de Sarov, qui est un moine staretz, mort en 1833. Très connu pour son charisme rayonnement, ses miracles, ses conseils, sa vie mystique. Quand à la fin de sa fin, son disciple lui a demandé de mettre par écrit tout son enseignement, il n’a dit qu’une chose : « le plus important, c’est l’acquisition du Saint Esprit » !

Je ne sais pas comment vous vous représentez la foi. Auriez-vous dit la même chose que ce saint russe ? Peut-être auriez vous présenté la foi comme une relation avec Dieu et les autres ? Peut-être auriez vous parlé des commandements pour suivre et aimer Dieu comme le Christ nous l’a enseigné ? Peut-être auriez vous parlé de ce qu’il y a à faire, prier, recevoir les sacrements, se mettre au service des autres… Et il y a le Saint Esprit à acquérir, à accueillir, à être conduits et guidés par Lui.

La fête de la Pentecôte vient 50 jours après Pâques pour être comme l’achèvement de ce que nous avons vécu à Pâques. Je m’explique. Nous savons que le cœur de la foi est ce don que le Père fait de son Fils. Un Fils envoyé pour montrer le chemin du Père, pour enseigner les voies de Dieu et son Royaume. Un Fils pour anticiper ce Royaume par ses miracles, les péchés remis. Et surtout, un Fils qui donne sa vie dans cet évènement de Pâques, de mort, de résurrection et d’ascension.

Mais cet évènement concernant le Fils pourrait rester un peu extérieur à nous, si le projet de Dieu n’allait pas jusqu’à son terme, jusqu’à son achèvement : répandre en nous son Esprit. Et pas seulement une vague force spirituelle comme celle de Stars War, mais l’amour du Père et du Fils, ce qui les lie et les unit. Cet amour qui est répandu en nos cœurs.

Et le Fils insiste ce don de l’Esprit qui doit être fait : un don généreux, un don actuel et donc un vrai évènement qui porte son œuvre propre. Nous avons dans la 2ème lecture de ce dimanche cette belle liste des fruits de l’Esprit Saint. 9 fruits qui viennent illustrer ce don multiforme de l’Esprit : amour, joie paix, patience, bonté, bienveillance, fidélité, douceur et maîtrise de soi.

A tous ceux qui pouvaient penser que la foi est difficile, compliquée ou qu’elle est un chemin ardu, la fête de ce jour peut les rassurer et les réconforter. Il s’agit d’accueillir l’Esprit, ou plutôt de reconnaître que l’Esprit Saint est toujours déjà là, puisqu’il a été répandu en nos cœurs. Quand ? A la Pentecôte pour toute l’Eglise naissante, à notre baptême et confirmation pour chacun de nous.

L’Esprit qui emplit tout, qui est partout présent a été répandu avec plénitude et abondance en nos vies et produit ses fruits d’amour, de joie, de paix, de patience, de bonté, de bienveillance, de fidélité, de douceur et de maîtrise de soi. Voilà qui est très consolant. Et la séquence que nous venons d’entendre n’est pas en reste quand elle demande à l’Esprit de réchauffer ce qui est froid, de rafraîchir ce qui est fiévreux, de dresser ce qui est courbe, d’affirmer ce qui est faible, de laver ce qui est souillé…

L’Esprit est présent. Il agit, et nous sommes tentés de continuer à vivre en le négligeant, en le congédiant. Avec la fête de ce jour, nous ne découvrons pas quelque chose de nouveau sur le mystère de Dieu qui vient au devant de notre indigence. Quelque chose de nouveau nous est donné, pas à connaître, mais à vivre. « Puisque l’Esprit est votre vie, laissez-vous conduire par l’Esprit » nous redit St Paul. Si l’Esprit Saint est vie et amour, pourquoi continuer à vivre comme s’il était absent. S’il est joie et paix, s’il est l’âme de notre prière et de notre service envers les autres, pourquoi vivre en le négligeant ?

« Laissons-nous conduire par l’Esprit » nous conseille Saint Paul, pour qui cela a du être une expérience transformante lui qui préférait voir, choisir et tracer sa propre route. Plus proche de nous, un autre saint peut nous aider à réaliser cette gouvernance de l’Esprit Saint. C’est notre cher Cardinal Newman. A 31 ans, il a écrit une poésie qui exprimait le changement de cap de sa vie : « Guide moi douce lumière à travers l’obscurité qui m’encercle. La nuit est profonde et je suis loin de ma maison. Je ne demande pas à voir les horizons lointains, Un seul pas à la fois, cela me suffit. Je n’ai pas toujours été ainsi, je préférais voir et choisir ma route. Et malgré mes craintes, l’orgueil dominait ma volonté. Mais maintenant guide moi, mène moi de l’avant. »

« Guide-moi, mène moi de l’avant ». C’est une question de confiance et donc de foi qui nous est posée ce dimanche. Laisserons-nous être conduits, qui plus est par l’Esprit Saint ?

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