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Aimez-vous les uns les autres

messe_paray_3_maickayte_brimacombe_4.jpg?itok=IiuqihWzNous voici ce dimanche avec ce testament du Christ. Au soir de sa Passion, après avoir lavé les pieds de ses disciples, après avoir annoncé la trahison de l’un d’entre eux, et avant cette Passion, cette offrande libre et volontaire, voici comme le cœur de son enseignement, la fine pointe de ce qu’il veut ultimement léguer à ses disciples, son commandement unique : aimez-vous les uns les autres. Ce n’est plus l’heure des enseignements, ni des miracles, c’est l’heure du testament

Testament déroutant parce qu’il porte la marque d’un commandement. Mais un auditeur juif n’est pas surpris parce que parole et commandement, c’est la même chose : parole de vie, parole d’amour, parole qui oblige et qui libère. Il y a 50 ans, un autre joli mois de mai faisait interdire les interdits, les commandements, la morale. Avec Jésus, nous redécouvrons la saveur du commandement, de la parole qui fait vivre. Et la voici : Aimez-vous les uns les autres.

Cet amour, il en donne l’exemple, il en est la source, il en est l’icône.  3 paroles peuvent nous aider ce matin :

La source. « Ce n’est pas vous qui m’avez choisis ». Voici qui est très réconfortant d’entendre que lui et lui seul ait pris l’initiative de la relation avec nous. Nous nous fatiguons à penser que Dieu soit au bout de nos actes, de nos prières. Nous nous usons à imaginer que Dieu répondra à tout ce que nous faisons en sa faveur. Alors que c’est l’inverse : il a pris l’initiative de la rencontre. C’est lui qui nous a aimés le premier. Toute la Bible, toute la Parole de Dieu nous présente cette priorité de Dieu. Lui le premier nous a aimés. Et il sollicite une réponse de notre part. Réponse d’amour, réponse simple et joyeuse, mais réponse.

On chantait dans le passé un cantique dont la musique laissait à désirer mais dont le texte reste d’une belle profondeur : L’amour a fait les premiers pas. C’est bien de cela dont il s’agit : comme dans le Cantique des cantiques, nous découvrons que l’amour est venu à notre rencontre dans la personne du Christ, et qu’il s’agit de l’accueillir et de répondre par nos paroles et nos actes.

L’exemple. « Pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis ».  Le sommet de l’initiative de Dieu en son Fils n’est pas son enseignement, mais c’est un enseignement qui se lit dans ce qu’il fait. Et que fait il : il lave les pieds de ses disciples, il pardonne à ses ennemis, il livre sa vie en offrande volontaire. Cette vie reçue du Père, par amour libre et volontaire, il la dépose. Il en fait l’offrande entre les mains du Père, en notre faveur et à notre place.

« Aimer, c’est tout donner et se donner soi-même » chante Ste Thérèse de l’Enfant Jésus. Et nous pressentons qu’il s’agit un peu de cela. Quand on aime on donne un peu de soi. C’est vrai en famille, c’est vrai dans une association, au travail, dans nos communautés. L’exemple et la source de ce don de soi, nous les voyons dans cette offrande ultime et sans retour de celui qui nous a aimés jusqu’au bout. Par là, il fonde la norme de l’amour les uns pour les autres. Amour inconditionnel. Amour qui s’offre.

L’icône. « Je ne vous appelle plus serviteurs mais amis ». Regardons les un instant, ceux qu’il a choisis. Ce pécheur, ce collecteur d’impôts, ces hommes lents à comprendre et à croire. L’un le trahira, l’autre le livrera avant de se donner la mort. L’amour du Christ culmine dans ce testament : je vous appelle mes amis. Malgré tout, ils sont pour lui des amis. Malgré tout, il leur pardonne. Malgré tout, il leur sera fidèle au point d’être avec eux jusqu’à la fin des temps.

Ce malgré tout est la marque de l’amour inconditionnel dont je parlais il y a un instant. Ce malgré tout porte la marque d’un amour d’amitié qui est ultimement la pointe de la relation que Dieu veut établir avec nous, parce que c’est lui, parce que c’est nous. Je ne sais pas comment vous vous représenter votre propre relation au Seigneur. De fait, il Maître et Seigneur. De fait, il est Créateur et Sauveur. Mais il veut ultimement être le Dieu ami des hommes, qui se fait proche, malgré l’asymétrie de la relation.

Vous allez peut-être me dire que les textes de ce dimanche sont denses, qu’ils sont trop connus ou trop difficiles à entendre. Et pourtant, nous n’en avons pas fini avec eux, parce qu’ils nous donnent la mesure de l’amour de Dieu pour nous. Cette Pâques 2018 est venu nous le remettre sous les yeux. Mais si ce n’était que cela, cela nous suffirait. Cette Pâque est venu nous remettre cet amour de Dieu dans nos cœurs étanches, tièdes et parcimonieux. Ou pour le dire comme le prophète Jérémie, nos cœurs compliqués et malades.

Aimez-vous les uns les autres. Cette Pâque 2018 vient relancer notre capacité à aimer. Commençons aujourd’hui.

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