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Tout est accompli

ob_e736f2_arcabas.jpgA la fin de la lecture de la Passion, nous voici déjà au jardin du tombeau où le Christ vient d’être déposé. C’est fini, ou plutôt tout est achevé selon l’expression du Christ dans la Passion selon saint Jean. C’en est fini de cette longue Passion. C’en est fini des miracles, des longs enseignements. C’en est fini des controverses, des engouements de certains, des refus d’autres. C’en est apparemment fini.

Et pourtant souvenons-nous du début de notre célébration. Dehors, les palmes et nos rameaux à la main, nous avons acclamé ce Sauveur, ce Messie qui entrait triomphant dans la Ville sainte. Comme les enfants d’Israël et toute la foule de Jérusalem en liesse, nous avons chanté Celui qui vient au nom du Seigneur. L’Evangile des Rameaux pouvait nous laisser croire que rien n’était fini. Bien au contraire tout semblait au sommet de la gloire du Christ, avant enfin inauguré son règne.

Avons-nous bien entendu qu’il entrait comme un roi certes, mais comme un Roi humble, monté sur le petit d’une ânesse, comme tous ces rois de Juda au jour de leur intronisation.

Avons-nous bien entendu qu’il entrait comme un Messie, à qui l’on demande de venir nous sauver. C’est le sens de l’acclamation Hosanna : Dieu sauve-nous, sauve-nous donc !

Avons-nous bien entendu qu’il se laisse faire par tout ce rituel royal et messianique, mais qu’il reste maître du jeu, parce que ces chants, ces acclamations annoncent sa Passion volontaire. Au fond, il met en scène son arrivée à Jérusalem, pour manifester qu’il entre comme un roi humble, avant d’y être exposé comme un Messie humilié et souffrant. Il entre sans contraindre, ni soumettre. Il entre à Jérusalem par une plus petite porte qu’on ne croit, celle de son plan de salut, qui passera par d’autres voies que celles que les hommes imagineraient.

Jésus entre dans sa Passion par le chemin raide de l’humilité et de l’humiliation à venir. De fait, ce n’est plus le moment des enseignements, ni des miracles. C’est le moment de le suivre. Le long récit de la Passion que nous venons d’entendre nous a donné quelques figures qui le suivent. La pécheresse de Béthanie qui répand un parfum de grand prix sur les pieds de Jésus. Les disciples qui participent à la dernière Cène. Pierre qui veut suivre Jésus et qui le trahit 3 fois. Simon de Cyrène qui porte la Croix du Sauveur. Le centurion qui confesse sa foi dans le Fils de Dieu. Les femmes qui reçoivent le corps détaché de la Croix. Joseph d’Arimathie qui accueille Jésus dans son propre tombeau. Ces hommes et ces femmes de l’Evangile accompagnent Jésus de leur présence, de leur pauvre amour. Et ce n’est pas rien.

Nous venons d’entendre cette longue Passion du Christ, et nous allons la revivre tout au long de cette semaine sainte qui s’ouvre aujourd’hui. Lundi nous serons à Béthanie. Jeudi, nous serons au Cénacle et à Gethsémani. Vendredi nous serons au Golgotha. Et la nuit de Pâques, nous serons au tombeau vide. Quand je dis que nous y serons, je m’avance un peu. Voudrons-nous y être ? Et quand bien même nous y serons, dans quel état esprit, dans quelles dispositions du cœur ? Serons-nous des badauds ou des disciples ? Serons-nous des spectateurs ou des amis aimants ?

Si nous nous approchons de cette Passion volontaire, de cet abaissement du Christ jusqu’à la mort, avec délicatesse, avec respect et avec beaucoup d’amour, alors tout peut commencer, quelque ait été notre Carême. Tout peut commencer, parce que nous participerons à ce mystère pascal. Nous y prendrons part, et nous en recevrons tous les fruits qui nous sont promis.

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