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Nous vous en supplions au nom du Christ : laissez-vous réconcilier avec Dieu

mercredi-des-cendres_croix.png« Nous vous en supplions au nom du Christ : laissez-vous réconcilier avec Dieu ». St Paul se fait implorant ce soir. Et il faut réentendre avec gravité cet appel à la réconciliation qui nous est adressé au même du Christ. Il s’agit de conversion, il s’agit de l’Alliance de Dieu. A nouveau nous sommes invité à entrer dans l’Alliance que Dieu tisse avec son humanité, qu’il scelle dans la Pâque de son Fils.

Dans quelques instants, les Cendres vont devenir le signe de l’Alliance dans laquelle nous consentons à nouveau à entrer. Elle vont couvrir notre tête ou notre front : ce sont les cendres que la Bible réserve à Job, Judith, Esther et tant d’autres, tous ceux qui font pénitence ou qui prennent le deuil. On déchire son vêtement, on se couvre de cendres et on implore la miséricorde, pour demander pardon et pour s’approcher à nouveau du Dieu trois fois saint. Ces cendres, ce sont également la poussière du livre de la Genèse, argile primordiale qui nous rattache à la condition originelle et fragile du premier homme : Adam, pétri de la poussière, tiré de la terre et, à qui il est promis qu’il y retournera, Adam le premier à entrer dans l’Alliance.

Ces cendres, nous allons simplement les recevoir, pour entrer tous ensemble dans ce temps si particulier du Carême. Tous ensemble, en Eglise, à un moment qu’aucun d’entre nous n’aurait choisi. L’Eglise nous fait donc entrer en ce jour dans le temps du désert propice à la conversion, lente marche laborieuse et ascétique vers le Christ, l’Homme nouveau et celui que le Maître de nos vies veut restaurer en nous.

Remarquons bien un détail : pour faire ces cendres, il aura fallu que le feu ait embrasé les buis que nous avons déposés. Il y a eu feu et braises, avant qu’elles ne refroidissent pour être déposé sur nos fronts. Ces cendres nous rappellent donc le feu et les braises ardentes de la foi de notre baptême, que nous avons laissé s’éteindre peu à peu. Elles nous rappellent aussi que ce feu de l’amour s’est refroidi, que les braises vives sont devenues cendres mortes et froides. C’est donc un peu avec confusion que ce soir nous recevons sur notre front la trace de notre tiédeur, de nos lâchetés, de notre orgueil, bref de tout ce que le péché a éteint en nous. Du coup, ces 40 jours ne seront pas de trop pour qu’un vent puissant vienne souffler sur elles pour faire rejaillir le feu qui couvait encore sous la cendre. Et quel feu, puisque ce sera le feu de la Vigile pascale ! Ce soir, nous voici donc entre deux feux, deux foyers ardents : celui de notre baptême et sa réactualisation dans celui de Pâques. Entre temps, nous aurons besoin d’être secoués, réveillés, bref convertis. Le jeûne, la prière et le partage vont nous y aider. L’Evangile de ce soir est un programme stimulant pour notre chemin de Carême.

Mais en cet instant, laissez moi seulement insister sur ce moment si précieux dans l’année où nous décidons tous ensemble de réponse à l’appel de l’Eglise et du Christ de nous convertir. C’est le moment favorable. C’est le moment de notre salut. Laissons-nous réconcilier avec Dieu, entrons dans l’Alliance Voici le vent puissant qui saura raviver les braises sous la cendre. Pour vous y aider, je vous propose une autre lecture toute simple, tirée du livre de l’Apocalypse.

Tu dis : « Je suis riche, je me suis enrichi, je ne manque de rien », et tu ne sais pas que tu es malheureux, pitoyable, pauvre, aveugle et nu ! Alors je te donne un conseil :viens acheter chez moi de l'or purifié au feu, pour devenir riche, des vêtements blancs pour te couvrir et cacher la honte de ta nudité, un remède pour te frotter les yeux afin de voir clair. Sois donc fervent et convertis-toi. (3,17-19) Voici un chemin pour ce soir : reconnaître que nous sommes pauvres, que nous sommes nus, que nous sommes aveugles.

Pauvres. Soyons simples : acceptons d’être pauvres pour être enrichi par Dieu. Le jeûne, la prière et le partage sont là pour creuser en nous la pauvreté, pour que nous soyons disponibles à Dieu, aux autres et à nous-même. Réjouissons-nous : c’est avec toute l’Eglise que nous prenons ce chemin d’appauvrissement.

Nus. Le Carême veut restaurer le vêtement blanc de notre baptême, la robe des noces de cette belle relation d’amitié avec Dieu. Allons-nous consentir à cette œuvre de rénovation intérieure où nous recevons notre dignité et notre beauté de la part de celui nous a créés sans nous, mais qui ne nous guérira pas sans nous ?

Aveugles. Une guérison à demander pendant ce Carême est celle de notre cécité : aveuglement devant nous-même, devant les autres ou devant Dieu. Notre regard est souvent obscurci par des filtres, un manque de réalisme, des imprudences, des fausses idées, des jugements malveillants. Demandons aujourd’hui de regarder comme Dieu regarde : avec bienveillance.

Curieusement, les cendres de ce soir ne nous enrichiront pas, ne nous vêtiront pas, ne guériront pas notre vue. Elles diront seulement à Dieu que nous nous disposons à entrer dans l’Alliance. Bon Carême !

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