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"Entre dans la joie de ton Seigneur"

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« Très bien, serviteur bon et fidèle, tu as été fidèle pour peu de choses, je t’en confierai beaucoup ; entre dans la joie de ton seigneur »

Nous voici ce dimanche avec cette question de confiance. La confiance que le maître fait à ces serviteurs en leu confiant une telle fortune au moment de sa longue absence, et avant son lointain retour. Dans cette version liturgique, le verbe confier revient 5 fois, comme pour insister sur cette réalité, sur la nature de la relation qui lie ce maître à ces serviteurs, relation de service, relation de confiance.

Ces serviteurs ne sont donc que des intendants. Des gérants et pas d’abord des propriétaires. Des fondés de pouvoir, des hommes de confiance qui gardent, gèrent les biens d’autrui, pas pour leur propre compte, mais pour le compte du maître. Cette figure de l’intendant nous est familière. Le Christ l’utilise à de nombreuses reprises dans les paraboles.

Notre culture consumériste et individualiste du XXIème siècle nous met un peu à distance de cette figure de l’intendant et du serviteur. Mais nous aurions profit à la retrouver. Même St Paul se considère comme un intendant des mystères de Dieu, qui reçoit ce trésor qui lui est confié, pour le faire fructifier et le transmettre, tâche de chaque génération

Ensuite il y a ces talents. Un talent est un mesure de poids, environ 34 kg, et ensuite de monnaie, 34 kg d’argent ! Le mot est resté pour donner le thaler allemand médiéval, puis le fameux dollar. Quelle confiance de confier cette richesse immense. Ce talent, il s’agit de le faire fructifier. Malheur à celui qui ne l’a pas fait. Si la sanction paraît rude et injuste, il faut d’abord s’interroger sur le crime de ce troisième peureux et craintif, ayant une image semble-t-il faussée du maître. Redonner intact un talent qui ne demandait à grandir semble être un crime dont l’Evangile nous dit bien, de toutes façons, qu’il appelle tout au tard la miséricorde de Dieu, à moins… A moins que ce talent représente le dépôt de la foi fait à tous, entretenu et fructifié par certains, mais rendu comme infécond par d’autres.

Ce talent, est l’image de tout ce qui nous est confié : nos talents humains (le jeu de mots fonctionne en français), notre propre vie, nos talents, nos compétences, nos multiples dons humains qu’il s’agir de recevoir en intendants bons et fidèles pour les développer et les faire fructifier. Et c’est bien ce que vous faites comme parents pour vos enfants.

Ce talent, c’est aussi toute la création qui nous est confié. Le chapitre 2 de la Genèse insiste suffisamment sur cette attitude de l’homme par rapport à la création qui lui est confiée, non pas comme maître et prédateur, mais comme intendant et serviteur. Le cycle de conférence de doyenné de cette année nous aidera à approfondir notre lecture de l’encyclique Laudato Si, tant elle est d’actualité pour nos sociétés et pour chacun de nous.

Ce talent, c’est aussi le don de la foi qui nous est fait. Foi déposée dans nos cœurs au matin de nos vies, au jour de notre baptême, trésor qui ne demande qu’à grandir à proportion de nos vies, de nos maturités d’hommes et de femmes. Petite parcelle du Royaume de Dieu qui nous est confiée pour qu’elle devienne un arbre où tous les oiseaux du ciel viendront s’abriter.

Enfin, il y a ce dynamisme incroyable développé par les uns et les autres pour que ces talents fasse du fruit. L’énergie, l’ingéniosité, l’activité est ici sollicitée. Le maître ne confie rien sans s’en remettre, avec confiance, à la manière dont nous allons faire grandir les dons reçus. C’est dans ce sens qu’il faut comprendre la pointe de la première lecture : « Elle fait son bonheur, tous les jours de sa vie…Ses doigts s’ouvrent en faveur du pauvre, elle tend la main au malheureux ».. En ce jour que le pape François consacre particulièrement aux pauvres, il est bon d’entendre cette citation du livre des Proverbes, on regarder l’humanité, l’Eglise et chacun de nous déployer beaucoup d’énergie et d’inventivité en faveur des plus démunis et des pus délaissés. La charité nous presse, parce que l’amour nous pousse à agir, pas la peur

Cette parabole des talents nous heurte peut-être, tant mieux, parce qu’elle nous invite à la lire et à la relire, plutôt qu’à tourner pudiquement la page en attendant l’Evangile de dimanche prochain. Elle sollicite notre admiration devant l’ampleur de ce qui nous est confié. Elle sollicite notre responsabilité à mettre en œuvre tous ces dons pour que le Royaume de Dieu, royaume de justice et de paix,  d’amour et de miséricorde se diffuse sur la terre comme au ciel. Elle sollicite notre humilité pour que nous acceptons d’en rendre compte avant d’entrer dans la joie de notre Seigneur

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