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Vous reconnaîtrez que je suis en mon Père, que vous êtes en moi, et moi en vous

104413483_o.jpgDepuis dimanche dernier et encore plus dans les messes de semaine, nous lisons des extraits de ces derniers chapitres de l’Evangile selon St Jean, avant le récit de la Passion. Chapitres 14-15-16-17 qui sont comme un testament spirituel que le Christ laisse à ses disciples. Ce n’est plus l’heure des paraboles, des discours aux foules, encore moins des miracles, c’est l’heure d’un enseignement intime, destiné à consolider la foi des apôtres, un foi qui resplendira au jour de la Pentecôte.

C’est peut être ce qu’annonce le Christ : en ce jour-là. Jour de la pleine connaissance, jour de la Révélation de qui est le Christ en vérité, jour de dévoilement de son identité, de sa filiation divine, de son inhabitation en nous.

C’est que justement ces discours viennent nous présenter d’une façon si dense le mystère profond de son identité et de son ministère auprès de toute l’humanité. Et la citation que j’ai choisie en exergue la condense : « En ce jour-là, vous reconnaîtrez que je suis en mon Père, que vous êtes en moi, et moi en vous ». La voici la réalité profonde de notre vie chrétienne, de ce que le Christ est venu accomplir pour nous jusqu’à la fin des temps.

Je ne sais comment vous vous représentez votre vie chrétienne, votre identité d’enfants de Dieu, de disciples du Christ. Déjà ces 3 appellations donnent des éclairages différents. Pour certains être chrétiens, c’est faire le bien, partager, accueillir. Pour d’autres, ce sera la prière, la participation aux sacrements. Pour d’autres ce sera la mise en œuvre des commandements. Ces approches sont des nuances complémentaires d’une seule et même réalité, celle que l’Evangile nous laisse : habiter dans le Fils, comme lui-même habite dans le Père et le laisser habiter en nous.

Essayons de comprendre. L’image des poupées russes peut peut-être nous aider. Le Fils habite dans le Père et nous habitons dans le Fils. Jusque là l’image fonctionne. Mais la suite : « et moi en vous »… Essayons alors de comprendre avec une autre image, celle de l’amour. L’amour réciproque qui fait que l’être aimé habite dans le cœur de celui qui l’aime et réciproquement. Et d’ailleurs, le Christ insiste quelques versets plus loin quand il précise : si quelqu’un m’aime, mon Père l’aimera et nous viendrons chez lui faire notre demeure.

Par amour, le Christ vient habiter notre humanité. Nous le chantons et le célébrons à Noël. Par amour, il s’abaisse et épouse notre condition humaine au point de faire sa demeure parmi nous, en nous.

Par amour, il s’offre en sacrifice au Père et emporte avec lui cette humanité. C’est ce que nous contemplerons jeudi dans la fête de l’Ascension.

Par amour, le Père et le Fils viennent habiter en nous par l’Esprit Saint donné en abondance à tous ceux qui s’approchent par amour de la grâce et de la fontaine du baptême.

Par amour, donc il est à nous et nous sommes à lui. Nous pas simplement avec lui, ou à côté de lui comme de simples compagnons, ou encore derrière lui comme de simples disciples. La vie qui s’écoule en lui coule en nous comme l’image de la vigne le suggère. L’Esprit qui repose sur lui habite en nous. L’amour qui unit les 3 nous associe à ce point à la Trinité qu’on ne peut plus dire s’ils demeurent en nous, ou si nous demeurons en elle. L’esprit français qui aime distinguer est comme piégé.

Seul le langage de l’amour peut nous y aider. Saint François de Sales a consacré les 700 pages de son traité de l’amour de Dieu à commenter un seul verset du Cantique des Cantiques : « Mon bien-aimé est à moi et je suis à lui ».

Seul le langage de l’amour. Pas seulement le langage de l’enseignement. Pas celui des miracles, ni même le langage exclusif des commandements. Seule le langage de l’amour nous permet ultimement d’entrer dans le mystère de l’identité du Christ et donc dans le mystère de notre identité.

« Celui qui reçoit mes commandements et les garde, c’est celui-là qui m’aime ; et celui qui m’aime sera aimé de mon Père ; moi aussi, je l’aimerai, et je me manifesterai à lui ». Il est grand le mystère de l’amour. Ce temps pascal, qui dure 50 jours, 10 de plus que le Carême, veut soulever pour nous un peu du voile sur cette identité du Christ devant son Père et donc de notre identité en Dieu. Entrons-nous dans ce mystère ou resterons-nous au seuil ?

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