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Il prit le pain, le bénit, le rompit et le donna à ses disciples »

sainte_c_ne.jpgChères Agnès et Justine, dans la nuit de Pâques, vous allez communier à ce pain. C’est le pain de la Pâque, le pain pris par le Christ dans le repas de cette nuit pour en faire le sacrement de son Corps et de son Sang. C’est le pain azyme qui n’a pas levé, celui que Dieu donne aux enfants d’Israël comme mémorial de leur libération. C’est le mémorial de la Pâque, au sens fort du terme : tous ceux qui consomment cet Agneau immolé au Temple, revivent la Pâque, sortent à nouveau d’Egypte. Manger l’Agneau, c’est manger la Pâque. Manger ce pain et boire à cette coupe, c’est recevoir le salut, ni plus ni moins.

Chères Agnès et Justine, vous le savez, ce pain et ce vin, c’est le Corps et le Sang du Christ. Déjà le repas rituel juif que nous allons consommer à l’aumônerie ensuite, l’arrivée du Messie est signifiée au moment où l’on consomme en silence le pain tenu caché et la dernière coupe, celle du Messie justement. Par ces paroles « Ceci est mon corps, ceci est mon sang », le Christ en a fait le sacrement de sa présence : celle qui vient de cette nuit de la Cène. Il est donc ce pain, pris, béni, rompu et donné. 4 verbes qui ont toute leur importance ce soir. Arrêtons-nous sur ces verbes

Il est Celui qui est pris du milieu des hommes, qui habite parmi nous. Il est Celui qui est béni du Père, consacré par l’Esprit qui est sur Lui, béni, consacré, glorifié par le Père comme le rapporte les Evangiles où sa vie suinte les œuvres du Père comme une huile qui déborde. Il est Celui qui est rompu, s’abaissant dans l’incarnation, s’abaissant dans la mort et la mort de la croix, homme de douleurs, agneau immolé qui répond sa vie. Il est Celui qui est donné à ses disciples qui nous le donnent aujourd’hui. Il s’abaisse et il se donne, il nous manifeste son trop grand amour pour nous. Il n’est pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime.

Ce soir, nous ne nous souvenons pas de l’institution de l’Eucharistie. Nous en faisons le mémorial. Il devient pour nous sacrement de la présence du Corps et du Sang du Christ. Il est donné à toute l’Eglise, pour que chacun de nous en fasse, non seulement sa nourriture, mais également la règle de sa vie baptismale. Et comment cela ? Reprenons ces quatre verbes du récit. Chacun de nous peut se découvrir pris, béni, rompu et donné. Pris de façon personnelle, c'est-à-dire appelé chacun par son nom, discerné, élu, aimé. Béni, lavé et consacré dans les eaux du baptême et par l’huile de la confirmation, objet de la sollicitude du Père. Rompu à notre amour-propre, désincarcéré de la guangue qui emprisonne nos capacités à aimer et à pardonner. Donné là où nous sommes, pour que le monde croie et qu’il ait la vie.

Chères Agnès et Justine, il vous est proposé ce soir de regarder l’Eucharistie, avant d’y communier dans la nuit sainte. En la regardant vous pourrez peu à peu devenir ce que vous recevez, membres du Corps du Christ. Toute votre vie comme la nôtre, peut devenir eucharistique si vous acceptez dimanche après dimanche, et plus si affinité, de vous unir à ce pain pris, béni, rompu et donné. Donc il s’agit de vous unir, par cette participation intérieure, cette présentation intérieure de vous-même qui vous associe à cette offrande du Christ dans ce pain et ce vin. C’est cela le sacerdoce baptismal, celui de tous les baptisés.

Pour l’exercer, tous nous avons besoin des ministres choisis par le Christ. Ce jour, ce soir est également l’anniversaire de l’institution du sacerdoce apostolique. Les prêtres ont renouvelé à la messe chrismale les promesses de leur ordination, en mémoire de ce jour où ils sont nés. « Vous ferez cela en mémoire de moi », c’est la consigne intimée par le Christ à ses apôtres et à leurs successeurs. Dans la liturgie de l’ordination, l’évêque leur a demandé de « prendre conscience de ce qu’ils feront, de vivre ce qu’ils accompliront et de se conformer au mystère de la croix ». Vivre ce que nous accomplissons. Là encore, les 4 verbes de l’Eucharistie nous en donnent la clé. Ils sont pris du milieu des hommes, pris dans une histoire personnelle, une culture, une formation, des qualités, des défauts. Ils sont bénis non seulement par l’amitié du Christ qui les prend pour être avec lui, mais par une consécration qui les fait agir en sa personne même. Ils sont rompus par leur célibat, par leur ministère, dans leur volonté propre, leur exercice de l’autorité. Enfin, ils sont donnés. Ils vous sont donnés pour être à votre service, pour la gloire de Dieu et le salut du monde. Ils vous sont donnés pour votre communion. Ils ne sont pas des miroirs de la communauté, mais plutôt des icônes du Christ qui se donne à vous, ou mieux encore : des sacrements de la charité pastorale du Christ qui vous donne de vivre la charité fraternelle. Leur sacerdoce ministériel est au service de votre sacerdoce baptismal.

Chères Agnès et Justine, dans un instant, cette condition de serviteur de la charité de Dieu pour vous va nous être rappelée par ce geste d’une haute portée spirituelle qu’est le lavement des pieds. Le Christ nous sauve en s’abaissant. Ce soir, ce n’est pas un acte du passé. C’est aujourd’hui qu’il se dépouille dans l’Eucharistie et dans le lavement des pieds. Là est la source de l’amour et de la charité. Il est grand le mystère de la foi !

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