
Béatification du Cardinal Newman en septembre par le pape Benoit XVI, lors de son voyage en GB

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La scène nous est familière : transfiguration du Christ devant ses disciples ; dévoilement passager de la gloire de Dieu avant l'épreuve de la Passion, où seul le visage tuméfié du crucifié apparaîtra au témoin.
Le Christ dévoile donc sa gloire de Messie annoncé par les prophètes. Moïse et Elie présents sur la montagne en sont comme l'authentification. La voix du Père vient ensuite sceller ce dévoilement glorieux. Celui-ci est mon Fils bien aimé. Ecoutez-le !
Pour les 3 (et non pas 12) disciples témoins de la scène, la surprise humaine est de taille. Ils sortent de leur sommeil. Pierre balbutie une proposition, ne sachant ce qu'il dit. Ils redescendront dans le quotidien de la vallée, gardant le silence sur ce qu'ils ont vu. Mais sans aucun doute, remplis d'une rencontre transformante. Ils ont vu le Verbe de vie. Ils ont entendu la voix du Père. Ils ont cru.
Cette rencontre arrive au bon oment pour nous. Dans notre marche de Carême, nous avons été témoin la semaine dernière de l'humanité éprouvée du Christ. Le Christ sujet au tentation, vainqueur des pièges du mal, nous donne l'espérance d'être nous aussi libéré de cette emprise sournoise.
L'Evangile de la Transfiguration vient dévoiler la gloire à venir, tout comme pour les disciples, elle les prépare à vivre l'épreuve de la Passion et de la mort du Christ en la traversant par la gloire à venir. Rencontre transformante qui fonde la foi. Rencontre transformante qui consolide la foi reçue. Mais si les apôtres ont gardé le silence dans un premier temps, il ne leur a plus été possible de se taire après l'évènement par exemple, c'est-à-dire l'évènement pascal de la mort et de la résurrection. Il leur faut transmettre ce qu'ils ont reçu. C'est une nécessité impérieuse. « Malheur à moi si je n'évangélise pas » dira saint Paul.
Depuis 2.000 ans, les disciples de Jésus, les successeurs des Apôtres, bref toute l'Eglise n'a cessé de transmettre ce qu'elle a reçu, ce trésor de la foi, d'une rencontre transformante, bref l'évènement toujours actuel du mystère pascal. L'Eglise a rencontré des épreuves, des persécutions. Elle a été en contact avec des langues, des cultures aussi diverse que la variété des peuples. La sympathie des princes et des pouvoirs politiques a pu même être un obstacle. Mais toujours elle a transmis ce qu'elle a reçu : l'attraction séduisante du Christ qui vient illuminer nos vies et les sauver.
Cet enjeu reste actuel : transmettre ce que nous avons reçu. Non qu'entre temps, ce trésor de la foi fasse son œuvre de salut en nous, au point même que nous y ajoutions une compréhension nouvelle. Mais tout de même transmettre ce que nous avons reçu.
Mes amis, je vous le dis sans précaution de langage : c'est une question de vie ou de mort. Si nous ne transmettons pas ce que nous avons reçu. Si nous ne témoignons pas explicitement, si nous n'oeuvrons pas explicitement pour cette transmission, alors la prophétie de Jérémie se réalisera : « la foi est morte, on n'en parle plus » ou encore « quand le Fils de l'homme viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre ? ». Nous serons les derniers des Mohicans. Le dernier n'oubliera pas d'éteindre en partant.
La parabole des talents est là pour nous rappeler la responsabilité qui est la nôtre devant les trésors qui nous sont confiés. Nous l'interprétons souvent avec la clé de nos qualités, de nos biens. Dans le contexte eschatologique des paraboles précédents la passion du Christ, elle indique autre chose : celle du don de la foi, de la Parole de Dieu confiée aux serviteurs que nous sommes. Les serviteurs que le maître récompense sont ceux qui ont fait fructifier ce qu'ils ont reçu. Celui qui a caché son talent pour l'enfouir et qui pense naïvement ou peureusement pouvoir rendre ce qu'il a reçu se verra enlever même ce qu'il a. Curieuse ruse de l'histoire !
Transmettre ce que nous avons reçu en le faisant fructifier. Ecclesia21, le RDV diocésain d'hier a été une grâce. La grâce de se remettre dans le souffle de la Parole de Dieu qui nous est confiée, pour qu'elle fasse son œuvre en nous, et que nous la transmettions explicitement. La grâce de recevoir la foi comme un trésor à transmettre : « la foi grandit quand nous la transmettons ».
Chers amis, en ce temps précis, en ce lieu précis, pour vous précisément, il appartient à la vie organique de notre foi que nous annoncions Jésus Christ, mort et ressuscité. Oui il nous est bon d'être ici rassemblé par Sa Parole et par Son pain. Oui il nous est bon de parler de toi pour que l'âge à venir te connaisse.
Au commencement du Carême qui constitue un chemin d'entraînement spirituel intense, la liturgie nous propose à nouveau trois pratiques pénitentielles chères à la tradition biblique et chrétienne. La prière, l'aumône et le jeûne servent à nous préparer à mieux célébrer la Pâque et à faire ainsi l'expérience de la puissance de Dieu qui, comme nous l'entendrons au cours de la veillée pascale, triomphe du mal, lave nos fautes, redonne l'innocence aux pécheurs, la joie aux affligés, dissipe la haine, nous apporte la paix et humilie l'orgueil du monde". Le Carême est un temps de pénitence, entre le mercredi des Cendres et Pâques. En ce traditionnel message du Carême, je souhaite cette année me pencher plus particulièrement sur la valeur et le sens du jeûne. Le Carême en effet nous rappelle les quarante jours de jeûne vécus par le Seigneur dans le désert, avant le commencement de sa mission publique.
Nous lisons dans l'Evangile : Jésus fut conduit au désert par l'Esprit pour être tenté par le démon. Après avoir jeûné quarante jours et quarante nuits, il eut faim. Comme Moïse avant de recevoir les Tables de la loi, comme Elie avant de rencontrer le Seigneur sur le mont Horeb, de même Jésus, en priant et en jeûnant, se prépare à sa mission, dont le début fut marqué par une dure confrontation avec le tentateur. Nous pouvons nous demander quelle valeur et quel sens peuvent avoir pour nous, chrétiens, le fait de se priver de quelque chose qui serait bon en soi et utile pour notre subsistance. L'Ecriture et toute la tradition chrétienne enseignent que le jeûne est d'un grand secours pour éviter le péché et tout ce qui conduit à lui. C'est pourquoi, dans l'histoire du salut, l'invitation à jeûner revient régulièrement. Déjà dans les premières pages de l'Ecriture, le Seigneur commande à l'homme de s'abstenir de manger du fruit défendu: Tu pourras manger de tous les arbres du jardin, mais de l'arbre de la connaissance du bien et du mal, tu ne mangera pas, car le jour où tu en mangeras, certainement tu mourras. En commentant l'injonction divine, saint Basile observe que le jeûne a été prescrit dans le paradis terrestre, et " ce premier précepte été donné à Adam. Il conclut ainsi: Cette défense, ce tu ne mangeras pas, est une loi de jeûneet d'abstinence. Parce que tous nous sommes appesantis par le péché et ses conséquences, le jeûne nous est offert comme un moyen pour renouer notre amitié avec le Seigneur. C'est ce que fit Esdras avant le voyage du retour de l'exil en Terre promise, quand il invita le peuple réuni à jeûner pour s'humilier devant notre Dieu. Le Tout Puissant écouta leur prière et les assura de sa faveur et de sa protection. Les habitants de Ninive en firent autant quand, sensibles à l'appel de Jonas à la repentance, ils proclamèrent, comme témoignage de leur sincérité, un jeûne en disant: Qui sait si Dieu ne se ravisera pas et ne se repentira pas, s'il ne reviendra pas de l'ardeur de sa colère, en sorte que nous ne périssions point? Là encore, Dieu vit leurs œuvres et les épargna".
"Dans le Nouveau Testament, Jésus met en lumière la raison profonde du jeûne en stigmatisant l'attitude des pharisiens qui observaient avec scrupule les prescriptions imposées par la loi, alors que leurs cœurs étaient loin de Dieu. Le vrai jeûne, redit encore en d'autre lieux le divin Maître, consiste plutôt à faire la volonté du Père céleste, lequel voit dans le secret et te récompensera. Lui-même en donne l'exemple en répondant à Satan, au terme des quarante jours passés dans le désert: Ce n'est pas de pain seul que vivra l'homme, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. Le vrai jeûne a donc pour but de manger la vraie nourriture, qui consiste à faire la volonté du Père. Si donc Adam désobéit à l'ordre du Seigneur de ne pas manger du fruit de l'arbre de la connaissance du bien et du mal, le croyant entend par le jeûne se soumettre à Dieu avec humilité, en se confiant à sa bonté et à sa miséricorde".