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La Vierge concevra

l-annonciation.jpgUn sondage réalisé en 2006 pour le Monde des religions donnait un chiffre intéressant : 64 % des catholiques croient aux miracles (91 % même pour les pratiquants de chaque dimanche).

Le roi Acaz ne faisait pas partie des sondés de l’époque et pour cause !! Et pourtant, quand le prophète Isaïe, qui est pourtant un familier de la cour et du roi, vient le voir de la part du Seigneur, la réaction est vive. « Demande un signe ! », autrement dit « demande un miracle. Au fait, pourquoi demanderait-il un miracle. C’est que le bon roi Acaz, pas si bon que cela en vérité si on lit le texte du livre des Rois, n’a pas d’héritier. La promesse d’un Messie accordée à la lignée de David s’arrêterait-elle avec lui ? Lui qui est un mécréant pour avoir introduit les coutumes étrangères au culte au Dieu unique, voilà qu’en plus il ferait mourir la promesse de Dieu avec lui.

Demande un miracle ! Demande un fils au Seigneur ! Et voici la prophétie qui arrive : la jeune femme concevra et elle enfantera un fils. On l’appellera Emmanuel. Voilà que Dieu retourne tout. D’un mal, il fait un bien. Il relance la promesse. Il annonce qu’il donnera le salut à la terre. Ezechias naîtra. Il régnera. Un grand règne même. Mais il se couchera avec ses pères. Et le salut n’est pas arrivé. Dieu avec nous attend pour se manifeste.

Vous comprenez mieux maintenant pourquoi cette promesse trouve son accomplissement dans la naissance de l’Enfant qui seul donne le salut à la terre. Jésus, l’Emmanuel, Dieu avec nous,  Dieu qui se fait l’un de nous. Le voici le miracle tant attendu, celui que nous allons fêter dans quelques jours. Demandons un signe au Seigneur, demandons lui qu’il comble toute l’humanité de sa présence et de ses bienfaits.

J’utilise un pluriel, parce que vous savez combien Dieu est riche. Riche en bienfaits, riche en grâce, riche en miséricorde. A venue humaine, la naissance de Jésus n’est pas un miracle. C’est la conception virginale qui en est un ! Le même sondage révélait que seulement 39 % des catholiques croyait en la virginité de Marie, 72 % des pratiquants réguliers.

A l’annonce de l’ange, Marie avait demandé : « comment cela va-t-il se faire parce que je ne connais pas d’homme ? ». La tradition de l’Eglise a lu avec beaucoup de respect cette détermination de Marie, à appartenir uniquement à Dieu. La fête de la présentation de Marie au Temple nous le rappelle chaque 21 novembre. Sa vocation, c’est d’être la Vierge. Vierge Mère certes, mais Vierge avant d’être Mère. Tout comme elle sera disciple de son Fils, exerçant ensuite sa maternité pour tout disciple.

Quand les juifs d’Alexandrie ont traduit la Bible hébraïque en grec, un autre miracle s’est produit. Les 70 traducteurs sont tous tombés sur la même traduction. La révélation de Dieu est la même quand elle passe à une autre langue. C’est cette traduction du prophète Isaïe que cite St Matthieu : « la vierge concevra ». Demande un signe ! Voici le signe : la vierge concevra. Par l’Esprit Saint, il a pris chair de la Vierge Marie disons-nous dans le Credo. « Ce qui est engendré en elle vient de l’Esprit Saint » précise l’ange à Joseph.

Cette virginité a une grande importante pour sa vocation : elle consent par excellence à l’œuvre de Dieu, toute disponible à sa volonté. Cette virginité, cette totale obéissance de la foi fonde sa maternité divine et sa maternité pour chacun de nous. A la crèche chacun s’entendre dire : « voici ta mère ».

Demande un signe ! Le voici, c’est celui de la virginité Marie. Le Nouveau Testament s’ouvre sur un nouveau rapport à la foi. Ce n’est plus la simple filiation, la simple transmission biologique de la vie qui fait entrer dans le peuple de Dieu. C’est la foi dans l’Esprit Saint, consentement à la volonté de Dieu. La virginité éternelle de Marie vient justement sceller cette nouvelle économie de la foi au seuil de la nouvelle alliance. Le signe, le miracle serait-il plus inaccessible à la foi que la résurrection : un mort de 3 jours revenu à la vie ? Certes non.

Avec ce dimanche, nous entrons un peu plus dans la foi : pas seulement la connaissance d’une histoire sainte qui se déroule sous nos yeux enchantés. Non, bien plutôt comme le consentement intérieur à une volonté divine qui vient prendre chair. Il vient aussi naître en nous. Nous n’aurons pas trop de cette semaine pour rendre tout notre être disponible, à l’image du cœur virginal de Marie, pour qu’il fasse de nous, de nos familles, de nos communautés, son humble demeure.

Demande un signe !

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